30 avril 2015

Même en Corse

Nous passons nos premières vacances à quatre en Corse, l'un des plus beaux endroits que je connaisse.

Hier, nous avons visité la citadelle de Calvi, notamment la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. À une époque où je ne savais pas encore si j'étais croyante ou non, ma mère et moi avions allumé un cierge pour mon grand-père ; il était décédé peu après. Depuis, indépendamment du fait que je sais maintenant que je ne crois pas en Dieu, je n'ai plus allumé de cierge ou de bougie pour personne. Jusqu'à Élise. Je ne l'ai pas fait pendant la grossesse des grumeaux mais après le décès d'Élise, dans les rares occasions où je me suis trouvée dans une église, comme ce fut le cas hier. C'est mon mari, sans rien dire, qui en a pris l'initiative cette fois. Entre le moment où je me suis aperçue de ce qu'il avait l'intention de faire et le moment où il a allumé cette bougie, nous nous sommes simplement regardés, nous ne nous sommes pas parlé. Il savait que je savais. C'est ce genre de geste qui me rassure sur ce qui nous rassemble et nous fait avancer main dans la main, même si nous n'avançons pas tout à fait au même rythme.

Aujourd'hui, à la fin d'une promenade dans des jardins botaniques, nous avons quitté les lieux en même temps qu'une dame accompagnée de sa fille handicapée mentale. Je les ai observées toutes les deux, sans cette curiosité malsaine qu'on éprouve parfois devant ce qui fait peur et qu'on est bien content de ne pas avoir chez soi, mais avec une certaine forme d'envie et beaucoup de regrets. Je sais pourtant que, même si nous n'aurons jamais aucune certitude sur l'état dans lequel Élise se serait trouvée si nous l'avions laissée vivre, elle n'aurait probablement pas pu en faire autant que cette jeune fille, qui pouvait marcher seule, respirer sans assistance, s'exprimer - même de façon presque incompréhensible, qui était même capable d'apprécier la douceur et la saveur d'une glace sous le soleil corse...
En voyant cette jeune fille, je me suis demandé si elle était née "comme ça", si sa mère avait su pendant la grossesse qu'elle serait "comme ça", si elle avait choisi de la garder quand même. Je me suis demandé, dans l'hypothèse où elle n'aurait pas eu le choix, si elle aurait aimé l'avoir, ce choix, et si elle aurait fait le choix de la garder ou non, avec toutes ces années de recul.
En voyant cette femme, je l'ai admirée instantanément. Pour sa détermination - à ne pas faire de sa fille une paria ou une pestiférée qui ne peut pas vivre comme tout le monde. Pour sa patience - à expliquer des choses à sa fille qu'elle doit lui répéter à longueur de temps. Pour son humour - à plaisanter sur les absences et les errances de sa fille. Pour sa force - celle que je n'ai pas eue...

Pour terminer la journée, nous sommes allés sur la plage d'Ostriconi, simplement pour la beauté du paysage. Et nous avons demandé à Gaspard de ramasser un caillou, à défaut de coquillage. Nous savons bien qu'il n'a pas compris que c'était pour la tombe de leur sœur mais nous tenions à cette symbolique. Et nous avons nous-mêmes ramassé un autre caillou. Ils viendront compléter la "collection" commencée l'an dernier en Bretagne.

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26 juillet 2014

Vacances... terminées !

Cet été, nous ne sommes pas partis en vacances, congé parental oblige : c'est pas payé bien lourd, ce truc-là ! ;-)
Cela dit, nous le savions avant que je ne le prenne. Et puis il n'aura duré que 15 semaines et nous avions quelques économies qui nous ont permis de voir venir pendant cette période-là.
Depuis le 16 juillet, je ne suis donc plus en congé parental mais en congés payés - jusqu'au 23 septembre inclus. J'avais fait un calcul (trèèèès) savant entre mes congés 2012-2013 restants et mes congés 2013-2014 acquis pour reprendre le travail quelques jours après l'entrée à la crèche de Gaspard et pour ne surtout pas reprendre le 18, le 19 ou le 23 septembre.

Aux destinations lointaines et/ou exotiques, nous avons donc préféré un terrain connu, composé :

  • de longues plages de sable fin,
  • d'une météo toujours agréable pour peu qu'on sache voir à travers les nuages (c'est une qualité que l'on acquiert forcément quand on a un enfant au ciel),
  • d'autochtones accueillants,
  • d'une gastronomie locale gourmande et
  • d'un envahissement touristique raisonnable.

À travers cette carte postale invitant au voyage, vous avez évidemment tous reconnu... la Côte d'Opale ! :-)

 

Même si nous ne sommes partis ni loin ni longtemps, nous avons vécu ces quelques jours à un autre rythme et ensemble - à quatre, presque.

Lundi, nous avons fêté notre anniversaire de mariage. Il y a eu des larmes, forcément. Parce que la famille que nous avions imaginée il y a 7 ans ne ressemblait vraiment pas à ça.

Mardi, nous sommes allés au cimetière pour planter deux petits arbustes persistants dans la jardinière permanente de la tombe d'Élise, dont le monument et la stèle avaient été terminés deux mois plus tôt.

Tombe 20140724 1 Tombe 20140724 2
Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour mais ce que "j'aime" dans la tombe d'Élise, c'est qu'on croirait qu'elle a croqué un bout de nuage.

Jeudi, nous sommes allés à la plage avec Gaspard. C'était un vrai bonheur de le voir gambader à quatre pattes dans la rivière d'eau de mer tracée par la marée descendante.

Ombres sable Sable Stella

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01 avril 2014

Bretagne et coquillages

Dimanche, nous sommes rentrés de Bretagne, où nous avons passé nos premières vacances "en famille".

Forcément, ce "en famille" est chargé de sentiments partagés : le bonheur d'avoir passé une semaine non-stop avec mon mari et mon fils, la douleur à l'idée qu'Élise aurait dû être du voyage, au lieu de ce grand voyage qu'elle a entrepris trop tôt et sans nous... Notre "famille" ne sera jamais vraiment réunie...

Nous avons quand même pu emmener Élise avec nous et la faire voyager, d'une certaine façon.

  • Nous avions emporté son livre. Pour le regarder si nous en avions besoin ou envie - ça n'a pas été le cas - mais surtout pour l'avoir avec nous, tout simplement.
  • Bien que je ne sois pas croyante et que mon mari, pourtant croyant, ait lui-même hésité, nous avons allumé une bougie pour elle dans la cathédrale de Vannes.
  • Nous avons écrit son nom sur la plage de Donnant à Belle-Île-en-Mer et sur la plage de l'île de Berder.

Belle-Île-en-Mer Berder

  • Nous lui avons écrit un mot d'amour sur le livre d'or de l'église de Rochefort-en-Terre.
  • Et puis nous avons ramassé des coquillages et des cailloux à différents endroits que nous avons visités.

Et c'est ce dernier geste qui m'a fait classer ce billet dans la catégorie Petites joies et grands bonheurs : parce que, depuis le temps que je cherchais quoi faire tout au long de ma vie pour elle, nous avons enfin trouvé. De chacune de nos balades, de chacune de nos vacances, mon mari et moi lui rapporterons une petite trace, que nous irons déposer dans un vase transparent sur sa tombe. Et j'en suis heureuse.

Coquillages
À gauche, notre récolte à Belle-Île-en-Mer ; au milieu, à l'Île-aux-Moines ; à droite, à Quiberon.
J'aime particulièrement le tout petit coquillage nacré de l'Île-aux-Moines.

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