26 octobre 2014

Préparation à la naissance - Épisode 3

La première fois que je vous ai parlé des séances de préparation à la naissance, c'était pour la grossesse des grumeaux, l'an dernier. J'avais pu suivre toutes les séances de préparation "classiques" (heureusement car, cette fois-ci, ce service est au moins temporairement fermé dans l'hôpital où je suis suivie, faute de personnel et de budget) et aller aux séances en piscine jusqu'au bout.

Ces séances en piscine m'avaient beaucoup plu, j'ai donc naturellement décidé de m'y remettre pour Hector, cette fois sans mon homme, qui m'avait accompagnée tous les samedis l'an dernier, puisqu'il faut bien garder Gaspard pendant que maman fait trempette ! :-)

Afin d'en profiter assez longtemps (et ayant la conviction inexplicable qu'Hector arrivera en avance - mais peut-être que je transforme en pressentiment une simple envie...), j'ai commencé les séances en piscine dès la semaine dernière, au début du sixiëme mois de grossesse. Naïvement sans doute, je n'appréhendais pas du tout de recommencer ces séances. En préparant mes affaires avant de partir, en attendant la sage-femme en compagnie des autres mamans et couples, en me changeant dans le vestiaire, en me douchant, je ne cogitais pas du tout : j'avais simplement hâte de retrouver les sensations qui m'avaient fait tant de bien l'an dernier.

Et pourtant, à peine entrée dans l'eau, alors que la sage-femme (que je connaissais déjà à travers les séances en piscine de l'an dernier mais qui n'était pas au courant pour autant de notre histoire) expliquait le premier exercice à faire, j'ai senti peu à peu que ça n'allait pas. J'ai tenté tant bien que mal de suivre les autres dans le premier exercice, censé se dérouler sur toute la longueur du bassin, mais je n'arrivais pas à me concentrer et à faire ce qu'il fallait. J'étais à peine à la moitié du bassin quand les autres étaient déjà prêts à faire demi-tour ; c'est là que je me suis effondrée et que la sage-femme, l'ayant remarqué, m'a rapidement rejointe. Elle a d'abord cru que j'avais mal quelque part, je l'ai détrompée entre deux sanglots. Elle m'a alors raccompagnée jusqu'au bord du bassin et a attendu que je puisse lui expliquer ce qui se passait après avoir calmé mes pleurs. Je lui ai alors raconté en quelques phrases la grossesse des grumeaux, les séances en piscine que j'avais suivies pour eux - avec eux - et l'émotion qui m'avait submergée complètement par surprise en entrant dans l'eau. Elle s'est montrée à l'écoute et réconfortante, m'a rassurée sur le fait que ma démarche de vouloir refaire cette préparation en piscine pour ce nouveau bébé était saine et que mes émotions étaient normales. Elle m'a ensuite proposé d'aller reprendre mes esprits sous la douche avant de les rejoindre, si je le voulais et le pouvais, dans le petit bassin pour les exercices de respiration et de relaxation. La fin de la séance n'a pas été facile mais j'ai tout de même réussi à me détendre un peu. La sage-femme est revenue me parler après la séance pour s'assurer que j'allais mieux, me répéter que ma réaction était légitime, m'encourager à aller voir la psychologue plus tôt que prévu si j'en ressentais le besoin et m'inviter à demander une consultation supplémentaire avec elle "juste pour parler" si je le voulais. Cette sollicitude m'a fait beaucoup de bien ; même si rien d'autre que le temps et le travail sur moi-même ne pourront oeuvrer, j'ai été rassurée et apaisée d'être écoutée et entendue.

C'est donc le coeur léger que je suis allée à ma deuxième séance hier, pour avoir le plaisir de tomber cette fois sur une sage-femme que j'avais également vue lors des séances en piscine l'année dernière mais avec qui nous avions pu discuter de la grossesse des grumeaux. Elle est restée discrète devant les autres mamans et couples présents en se contentant de demander des nouvelles de Gaspard mais son clin d'oeil à mon intention juste avant d'entrer dans l'eau m'a fait comprendre qu'elle se souvenait très bien de moi.


18 octobre 2014

Trois en une

Mercredi soir, j'ai surtout été la maman d'Élise avec la marche blanche organisée à Rouen à l'occasion de la journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal.
Jeudi soir, j'ai surtout été la maman de Gaspard avec la réunion d'information à la crèche.
Et ce matin, j'ai surtout été la maman de Hector avec ma première séance de préparation à la naissance en piscine - la première pour cette grossesse (j'y reviendrai dans un prochain billet) mais pas la "première-tout-court".

À chacun son moment !...

Je suis maman de trois enfants (car oui, même si Hector n'est pas encore né, nous sommes déjà ses parents et il sera notre troisième enfant, quoi qu'il arrive) et je ne peux même pas être la maman des trois de la même façon. Élise ne sera plus jamais, ne pourra plus jamais être comme Gaspard ou comme Hector. J'espère juste que rien n'empêchera Hector d'être comme Gaspard...