15 février 2017

Un signe ?!

Hier, pour la Saint-Valentin, mon homme m'a offert un test de grossesse.
(En vrai, on ne la fête pas et c'est moi qui le lui ai demandé. Et encore plus en vrai, c'est un résultat positif qui aurait pu être qualifié de cadeau de Saint-Valentin, si on s'en offrait !)

Ledit test de grossesse s'est révélé négatif ce matin : je ne m'avoue pas vaincue, mais plutôt (trop) pressée. Il se pourrait que je l'aie effectué trop tôt, non pas à cause de mes lacunes en mathématiques, mais par impatience... Alors accordons-nous encore un peu de temps avant de sauter de joie ou de déchanter !

D'ici là, je garde espoir et, en plus des signaux que m'envoie mon corps (et que j'interprète selon mon désir, évidemment), je vois des signes partout. Car si Facebook me suggère comme ça, de but en blanc, de m'inscrire à une newsletter intitulée "Hector" et "qui donne envie de faire des enfants", ce n'est tout de même pas par hasard, n'est-ce pas ?! :-D

site Hector

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26 janvier 2017

On refait le match

Internet n'oublie rien et Facebook ne déroge pas à la règle. Au contraire, le non-droit à l'oubli a même été institutionnalisé sur ce réseau social. Aujourd'hui, il m'a donc rappelé ce que j'avais publié il y a quatre ans jour pour jour :

Dans le désordre, en près de 3 ans de traitement, à quelques heures de la 3e FIV :

  • 25 échographies
  • 1 IRM
  • 1 ponction de kystes
  • 29 prises de sang
  • 2 suppositoires
  • 1 hystérographie
  • 190 comprimés
  • 2 ponctions d'ovocytes
  • 1 replacement
  • 78 piqûres
  • 2 embryons non viables
  • 1 embryon viable
  • 0 bébé
Cela me fait d'ailleurs penser à une photo qui circule depuis un moment déjà et qui s'est elle aussi rappelée à mon souvenir il y a peu :

traitements FIV


Quatre ans plus tard, je peux refaire mon bilan. À ce même décompte, on peut désormais ajouter :
  • 1 grossesse provoquée
  • 1 grossesse spontanée
  • 2 bébés vivants
  • 1 bébé mort
Sur le papier, le compte est bon : 2 grossesses, 2 bébés à la maison. Mais dans les faits, les statistiques sont moins réjouissantes : 33% de perte, pour laisser parler la froideur implacable des chiffres... Si, avec un peu de chance, d'autres bébés rejoignent notre foyer, le taux diminuera peut-être à 25% voire 20%, mais Elle me manquera toujours autant...
Comme quoi, des chiffres, ça ne veut pas dire grand-chose. Seul ce que l'on ressent importe vraiment.

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13 mars 2015

En attendant Hector...

... nous avons immortalisé, fin janvier, les derniers instants de la grossesse avec notre amie et photographe Chrystelle.

Petit aperçu dans cet album !

Silhouette

Ces photos m'inspirent un seul regret : ne pas avoir eu le courage ou la présence d'esprit de faire de même pour la grossesse d'Élise et Gaspard.

Ces photos vous ont plu ?
Vous souhaitez profiter du talent de Chrystelle ?
Vous habitez la région rouennaise ?
Alors c'est par ici que ça se passe : http://www.chrystelleriquier.com/.

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11 mars 2015

Quel ingrat !

La semaine dernière, mon mari est allé retirer pour moi un colis chez la fleuriste qui fait office de relais colis à côté de chez nous.

En voyant le nom de l'expéditeur (Envie de fraises), la fleuriste a demandé à mon mari si un bébé allait bientôt arriver. Il lui a alors dit qu'il était arrivé quelques jours plus tôt mais que sa femme - moi, donc - avait toujours besoin de vêtements de grossesse.

Comment ?!
Quoi ?!
Pardon ?!

Certes, mon ventre ne ment pas : il a bien accueilli trois bébés en deux ans, entre fin janvier 2013 et début février 2015.
Mais :

  1. Ce n'est pas un vêtement de grossesse mais un pyjama d'allaitement à manches longues que j'ai commandé car, vois-tu, mon cher époux, on a beau avoir du chauffage dans la maison, quand tu dois sortir de dessous ta couette bien chaude pour aller nourrir ton enfant, eh ben il pèle !
  2. Je rentre dans mes vêtements d'avant Hector et d'avant Élise et Gaspard.
  3. Tu avais remarqué, la veille de ce fameux jour et tout seul comme un grand, que je rentrais même dans l'un de mes pantalons moulants.
  4. Je pèse à ce jour 2 kilos de moins qu'avant Hector.

Alors, la prochaine fois que tu vois la fleuriste, tu as intérêt à rétablir la vérité ! Non mais !

 

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30 janvier 2015

Oiseau de nuit

Depuis le 02 janvier, Gaspard dort mal. Il s'endort très bien mais se réveille toutes les nuits ou presque. En 4 semaines, il a dû nous faire 3 bonnes nuits (et encore, nous avons revu nos critères "bonne nuit" à la baisse ces derniers temps). 3 sur 27, c'est faible comme statistique pour un bébé qui dormait si bien : "peut mieux faire", comme dirait l'autre.

Pourquoi ?

Au début, nous avons cru que c'était à cause du changement de rythme. Les vacances de Noël touchaient à leur fin, cela faisait une dizaine de jours qu'il n'était pas allé à la crèche et que son rythme, bien que nous ayons essayé de ne pas trop le décaler, avait été perturbé.

Puis nous avons imaginé que c'était lié à toutes les émotions vécues pendant ces vacances : Noël, les cadeaux, la "fête", les papis/mamies/tontons/tata, les quelques jours passés ailleurs que chez lui.

Ensuite, à la crèche, on nous a parlé de l'arrivée imminente de son petit frère, qu'il doit sentir sans la comprendre.

Et pour finir, la dernière hypothèse en date repose sur une otite. Tous les symptomes concordaient ; le pronostic s'est vérifié chez le médecin il y a 10 jours. Par acquit de conscience, son sommeil ne s'étant amélioré ni pendant ni depuis le traitement, nous sommes retournés chez le médecin ce soir : l'otite n'est toujours pas guérie ou a récidivé.

Nous espérons donc que l'une des deux dernières théories est la bonne (voire les deux ensemble). Nous aurions ainsi une explication et surtout une échéance - même imprécise - pour chacune des deux : la guérison de l'otite dans un cas, l'arrivée d'Hector dans l'autre.
Bien sûr, nous restons lucides malgré tout : sans parler des quelques jours où je serai à la maternité avec Hector, notre retour à la maison risque de désamorcer certaines choses dans la tête de Gaspard... tout en en amorçant d'autres ! ;-)

Comment ?

Gaspard se réveille donc pour ainsi dire toutes les nuits. Jamais à la même heure mais toujours en pleurs. Il y a (eu) quelques nuits où rien n'y (a) fait : seul le fait de dormir avec nous avec moi sur moi (et sur Hector, du coup) réussi(ssai)t à le calmer. Mais la plupart du temps, rester à côté de lui en attendant qu'il se calme et se rendorme seul suffit. Et c'est précisément à ce moment qu'il faut savoir rester humble, car entre le moment où il se rendort et celui où je regagne le lit conjugal, le temps semble ralentir. Le chemin ressemble alors étrangement au parcours d'Indiana Jones jusqu'au Graal dans La dernière croisade : une succession d'épreuves où chaque victoire semble dérisoire au regard de l'obstacle suivant.

  1. D'abord, il vous faut patienter sur le petit tabouret en bois placé à côté de son lit. Patienter avec bienveillance et abnégation. Patienter jusqu'à voir ses petites mains s'immobiliser sur les fesses de Simon-le-lion après les avoir malaxées, tripotées, palpées, caressées, papouillées en long, en large et en travers. Patienter jusqu'à deviner, dans la pénombre de la chambre que seul le réverbère de la rue éclaire, ses paupières parfaitement closes et libérées de tout tressaillement. Patienter surtout jusqu'à entendre sa respiration ralentir et trouver un rythme ensommeillé, le signal ultime que "Grand-mère à poussière" (comme on dit chez moi) rôde bel et bien autour de son lit.
  2. Ensuite, il faut vous relever du tabouret sans prendre appui sur quoi que ce soit, ni sur la commode qui grince pourtant de façon presque inaudible, ni sur les barreaux de son lit dont les craquements ressembleraient, pour ses oreilles et son cerveau en plein endormissement, à un orage de juillet en Dordogne. Vous ne pouvez alors compter que sur les muscles de vos cuisses pour passer de la position assise à la station debout, tout en faisant semblant d'ignorer que, à 8 mois de grossesse passés, vos abdos sont aux abonnés absents depuis un petit moment déjà et que votre centre de gravité s'est légèrement déplacé.
  3. Une fois la position debout atteinte, le jeu consiste à parcourir les 2,5 mètres qui séparent le lit de la porte sans un bruit. Les règles sont plus simples à comprendre qu'à appliquer :
    • Prendre une grande inspiration pourtant bien méritée après l'épreuve du tabouret : interdit.
    • Renifler, flatuler, tousser, éructer, éternuer : prohibé.
    • Faire craquer vos articulations en marchant, même malgré vous, même celles du petit orteil : défendu.
    • Faire retentir de tout petits "pop" en décollant trop vite vos talons du sol : proscrit.
    • Un seul mot d'ordre : millimétrer le moindre de vos mouvements. Qu'importe si votre vitesse de déplacement moyenne pour ce trajet de 250 cm ne dépasse pas les 0,3 km/h : en pareilles circonstances, mieux vaut préférer la sécurité à la célérité, l'enjeu est trop important.
  4. Lorsque vous êtes arrivée à la porte de la chambre, la plus grosse méprise serait de vous croire arrivée-tout-court car cette étape dissimule deux pièges. À ce stade, il faut en effet vous garder de refermer la porte trop vite, au risque que le changement soudain de luminosité (rappelez-vous le réverbère qui envahit la chambre de son obscure clarté) (oui, passer de la pénombre à l'obscurité, ça fait une différence pour un cerveau à peine endormi) ou le brusque appel d'air ne vienne chatouiller les yeux ou le visage du petit être qui donne tant de fil à retordre au marchand de sable - à la marchande de sable, en l'occurrence.
  5. Après avoir refermé la porte en douceur, il vous reste encore la poignée à actionner avec non moins de délicatesse. Votre chance, à cette étape cruciale, c'est qu'elle ne fait pas de bruit. Vous pourriez aussi vous contenter de tirer la porte au maximum sans la fermer complètement mais vous ne faites tout simplement pas confiance à votre chat qui, s'il semble indifférent voire fuyant la journée, pourrait très bien être pris d'une irrésistible curiosité en pleine nuit. C'est que c'est stupide imprévisible, un chat.
  6. Une fois toutes ces étapes franchies avec succès, vous pouvez légitimement 1) vous féliciter, 2) vous détendre mais surtout 3) rester concentré car c'est l'épreuve ultime qui vous attend à présent : descendre l'escalier en bois dans le noir sans vous casser la figure sans faire craquer les marches. Et pour y parvenir, vous pouvez là encore compter sur un élément inhérent à votre état actuel : votre pas aussi léger et gracieux que celui d'un pachyderme gavé au McDo depuis six mois (le McDo, c'est juste pour l'image car en réalité je m'efforce de manger de façon saine et équilibrée. La preuve, je n'ai pris "que" 10 kg, dont 4 ces 5 dernières semaines, c'est vrai, mais c'est "la faute à Noël" et au fait que je me suis un peu relâchée depuis le début de mon congé maternité, vu que j'étais persuadée d'accoucher bien avant terme). Mais, là encore, la chance est au rendez-vous : l'expérience vous a appris qu'en marchant sur la pointe des pieds sur les extrêmités des marches et le plus près possible du bord, les craquements du bois sont beaucoup plus discrets et n'atteignent donc pas les petites oreilles de l'autre côté du mur.
  7. Lorsque vous avez descendu ces 17 marches (vous auriez juré qu'il y en avait au moins le triple mais vous avez compté maintes et maintes fois), vous pouvez reprendre votre respiration et retrouver votre démarche habituelle pour regagner votre lit, où vous attend bien sagement votre mari (si tant est que l'on puisse dire de quelqu'un qui dort à poings fermés qu'il "vous attend").
  8. Enfin, vous pouvez vous rendormir, satisfaite du devoir accompli et soulagée de n'avoir passé que 78 minutes de votre nuit à rétablir l'ordre des choses qui prévalait encore il y a quelques semaines.

Et c'est au moment précis où vous fermez les paupières que vous entendez à nouveau les pleurs paniqués du petit être qui a décidé de vous faire tourner en bourrique. Lasse à l'idée de recommencer tout le cirque déjà mis en œuvre cette nuit-là, vous vous précipitez dans sa chambre, l'attrapez avec douceur mais détermination, et redescendez vous coucher dans le canapé, là où vous ne réveillerez pas votre mari, où vous pourrez trouver une position confortable à la fois pour vous et votre bidon, et où le petit être pourra se rendormir du sommeil du juste, lui, blotti tout contre vous, jusqu'au lendemain matin 7h00... sauf s'il estime, de sa propre initiative, que 5h23, c'est une bonne heure pour avoir fini sa nuit et être au taquet.

Oui, mais...

  • Pourquoi est-ce moi qui, à près de 9 mois de grossesse, me coltine ces nuits peu reposantes et aléatoires ?

Parce que, contrairement à mon mari, je ne bosse pas le lendemain (le week-end, je lui passe volontiers le relais - relais qu'il accepte lui aussi volontiers) et que je peux faire une des siestes dans la journée.
Et aussi parce que (et ça se vérifie encore plus ces derniers jours) Gaspard semble me rechercher et me réclamer un peu plus que son père en ce moment, au point qu'il n'arrive parfois à se calmer que dans mes bras.

  • Pourquoi est-ce qu'on ne passe pas directement au plan B (également appelé "solution canapé"), ce qui écourterait un peu moins la nuit ?

Parce que nous ne voulons pas lui donner l'habitude de finir dans le canapé dès qu'il pleure ou se réveille la nuit.
Et parce que nous avons toujours l'espoir que cette mauvaise période ne soit justement qu'une mauvaise période et que notre plan A ("le laisser se rendormir tout seul") redevienne LA solution, comme lorsque ses réveils nocturnes ne sont qu'occasionnels.

Optimisme
Malgré la faute de français, cette phrase m'a bien fait rire.
Comme quoi, fatigue et auto-dérision ne sont pas incompatibles.

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13 janvier 2015

Préparatifs

Pour la sécurité sociale, le terme pour la naissance de Hector est prévu le 14 février. Pour beaucoup, c'est une bonne date - rapport à la Saint Valentin.
Premièrement, cette date ne veut rien dire pour mon mari et moi. Nous ne l'avons jamais fêtée, préférant célébrer nos anniversaires de rencontre et de mariage, bien plus significatifs.
Deuxièmement, je ne vois pas le rapport entre la Saint Valentin et la naissance prévue d'un enfant. Ah si, un enfant, c'est le fruit de l'amour de ses parents, tout ça, tout ça.

Pour l'hôpital où je suis suivie, le terme serait plutôt prévu le 10 février, c'est-à-dire dans un moins d'un mois. Le compte-à-rebours ayant commencé et une fausse alerte ayant retenti il y a quelques jours déjà, il est temps de poursuivre les préparatifs de l'arrivée de Hector.

Nous ne savons même pas encore comment nous allons faire, en termes d'organisation et d'aménagement des chambres, notamment par rapport au fait que Gaspard porte encore des couches et que notre commode à langer est dans la chambre de Hector. Mais il y a au moins deux choses que nous avons préparées : les premiers vêtements de Hector et la valise pour la maternité.

Les vêtements

Concrètement, ça a commencé samedi par du tri dans les vêtements de bébé. Heureusement que ma cousine, qui nous avait prêté des vêtements pour Gaspard, est elle aussi enceinte (de quelques semaines de moins que moi) : c'est ce qui m'a motivée à mettre de côté d'une part les vêtements à lui rendre, d'autre part les premiers vêtements que Hector portera.

J'ai voulu commencer ce tri alors que j'étais seule avec Gaspard. Vaquer à ses occupations tout en veillant sur un petit bout de presque 16 mois qui court partout n'est pas chose aisée, surtout à 8 mois de grossesse et quand lesdites occupations ne sont pas neutres émotionnellement.

Je n'en avais pas conscience (mais devais le savoir quand même, quelque part au fond de moi, vu le nombre de fois où j'ai reporté ce tri pourtant inévitable) mais m'occuper de ces vêtements a fait (re)surgir beaucoup d'émotions. De la nostalgie, des regrets, des fantasmes, de la joie, de l'impatience, de la peur.
Parce que la dernière fois que j'ai préparé ces mêmes vêtements, c'était pour Gaspard et Élise était encore là, encore vivante même. Quelle situation cruelle, quand j'y repense : préparer des vêtements pour son fils en faisant comme sa fille n'était pas là !
Parce que la dernière fois que j'ai préparé des vêtements de nouveau-né, j'aurais dû les préparer pour deux nouveaux-nés.
Parce que je suis heureuse de préparer ces vêtements pour Hector mais que tant qu'il ne sera pas là, dans mes bras, vivant, une alarme sera active dans ma tête.
Je n'arrivais pas à me concentrer, à m'organiser ; Gaspard m'énervait pour un oui ou pour un non ; les larmes coulaient. Mon mari est finalement rentré et s'est occupé de Gaspard pour me laisser souffler et terminer aussi tranquillement que possible.
Ces préparatifs, en apparence si banals et si joyeux, ne se sont pas faits sans mal.

Et dire qu'il faudra bientôt remettre ça, puisque je me suis pour l'instant contentée du minimum : mettre de côté les vêtements taille naissance et taille 1 mois.

La valise

Déjà avant la fausse alerte de fin décembre, mon mari et moi avions en tête qu'il ne faudrait pas tarder à préparer la fameuse "valise pour la maternité". Là encore, j'ai repoussé le moment fatidique, plus ou moins consciemment. Ce n'est que dimanche que je me suis décidée à rechercher, sur l'ordinateur, la liste que j'avais faite pour la naissance des grumeaux. Doutant de l'avoir conservée, je n'étais pas sûre de la retrouver. Finalement, elle m'attendait bien sagement. Et quelle ironie en voyant la date de dernier enregistrement de ladite liste : le 7 septembre 2013. Même si j'ai passé deux autres nuits chez moi entre ce 7 septembre et la naissance d'Élise et Gaspard, cette date marque pour moi le début de la fin de la grossesse des grumeaux.

Mon mari s'attend donc à ce que l'histoire se reproduise : le jour où j'aurai bouclé la valise pour Hector marquera la fin de cette grossesse. ;-) Et c'est justement aujourd'hui que je m'y attelle !

Là aussi, beaucoup d'émotions en passant en revue ce que nous avions prévu d'emporter pour Gaspard et Élise : la liste était tellement plus courte et plus lourde de sens d'un côté que de l'autre...

Une preuve de plus, pour ceux qui en auraient besoin, qu'apprendre à vivre avec l'absence de son enfant est un travail de tous les instants...

Réflexion

06 janvier 2015

Fausse alerte

Malgré mon souhait, toute raison gardée, de voir Hector naître en 2014, il est désormais certain qu'il naîtra en 2015 puisque nous avons changé d'année il y a quelques jours et qu'il est toujours au chaud dans mon ventre ! J'y ai pourtant presque cru dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre !...

Pendant la fermeture de la crèche pour les fêtes, mon bidon de 7,5 mois et moi devions garder Gaspard seuls trois jours d'affilée, mon mari travaillant les 29, 30 et 31 décembre. Pour ne pas prendre de risques, la fatigue commençant à se faire sentir, nous avions décidé que nous passerions le week-end précédent chez mes parents, à deux petites heures de route de chez nous, et que mon mari rentrerait seul le dimanche pour reprendre le travail le lundi matin pendant que je resterais chez mes parents jusqu'au 31 décembre après-midi pour qu'ils me soulagent un peu avec Gaspard.
L'avantage, c'est que cette solution nous a permis de passer du temps "près" d'Élise autour de Noël.
Le dimanche soir, mon mari est donc rentré seul en Normandie. J'en ai profité pour passer un peu de temps sur le blog en fin de soirée, justement pour parler de lui ! Au moment où je publiais le billet en question, Gaspard s'est réveillé en pleurs et a mis du temps à se calmer, à tel point que j'ai fini par le prendre avec moi dans le lit pour lui faire un gros câlin. À 2h30, Gaspard ne s'était toujours pas rendormi et je n'avais donc toujours pas commencé ma nuit. En revanche, j'avais remarqué depuis un petit moment l'apparition de contractions très fréquentes : toutes les cinq minutes, voire toutes les deux minutes. J'ai alors fait coup double en profitant du câlin avec Gaspard pour surveiller en toute tranquillité l'évolution de ces contractions.
Une demi-heure plus tard, le rythme était toujours aussi soutenu : un peu handicapée à la fois par les contractions et les 10 kg de Gaspard à extirper du lit, j'ai téléphoné à voix basse à ma mère, qui dormait à l'autre bout de la maison mais à proximité de son portable, pour ne pas réveiller mon père, ni mon oncle et ma tante en visite jusqu'au lendemain, afin qu'elle vienne m'aider. J'ai ensuite téléphoné aux urgences maternité de l'hôpital rouennais où je suis suivie, bien que me trouvant à plus de 150 km de là, pour obtenir leur avis. On m'a alors recommandé de me rendre à la maternité la plus proche si les contractions gardaient le même rythme dans l'heure suivante, ce qui n'a pas manqué de se vérifier.
Moi-même étonnée par mon calme (je ne parle pas de sérénité : bien qu'entourée de mes parents, j'étais tout de même loin de mon mari, loin de l'hôpital qui connaissait mon histoire, sans mon dossier médical - que j'avais pourtant hésité à emporter - et surtout j'étais impatiente d'être rassurée sur l'état de Hector), je me suis alors préparée. J'ai choisi des vêtements confortables ; j'ai passé un coup de brosse dans mes cheveux ; j'ai enfilé des chaussettes avec des étoiles et remis le bracelet étoilé offert par mon mari que j'enlève pour dormir afin qu'Élise soit avec moi, "au cas où" ; j'ai glané sur Internet quelques éléments sur la maternité dans laquelle je m'apprêtais à me rendre (j'ai été rassurée de voir qu'il s'agissait d'un établissement de niveau 2 - de toutes façons, la maternité de niveau 3 la plus proche était à une heure de route) ; j'ai passé en revue mes "particularités médicales" à signaler à l'équipe que j'allais rencontrer pour la première fois (la précédente grossesse, mon rhésus négatif, mon allergie à la pénicilline).
Vers 4h du matin, après avoir réussi à recoucher Gaspard, ma mère et moi avons donc pris la route pour la maternité du coin, située à quinze minutes de la maison - l'occasion pour nous de traverser les champs endormis mais animés par le ballet silencieux des biches et autres lapins. J'étais toujours calme, pas du tout paniquée, mais je n'arrêtais pas de parler ! ^^
Arrivée sur place, j'ai eu droit au trio gagnant analyse d'urine-examen gynécologique-monitoring, dont le bilan s'est montré rassurant : les contractions, certes rapprochées, n'étaient accompagnées d'aucun autre signe d'accouchement imminent ou d'urgence, le col étant encore fermé et tonique et le rythme cardiaque de Hector étant tout à fait normal. À la fin du monitoring, la sage-femme qui s'est occupée de moi m'a proposé des cachets pour stopper les contractions, ce que j'ai refusé d'une part parce que je préférais que tout se fasse le plus naturellement possible, d'autre part parce qu'elles restaient largement supportables. À vrai dire, dès le début du monitoring, j'avais même tendance à somnoler, sans doute rassurée par ces bonnes nouvelles et par le sentiment d'être entre de bonnes mains.
Nous sommes finalement rentrées à la maison peu avant 6h du matin, avec une nuit blanche et quelques émotions dans les pattes ! Dans la journée du lundi, j'ai particulièrement apprécié la présence de mes parents, qui m'ont laissée dormir jusqu'à 11h45 et m'ont même laissée faire une sieste de près de 3h l'après-midi, ce qui m'aurait été impossible seule chez moi avec Gaspard ! ;-)
Au final, ce n'était donc qu'une fausse alerte mais cela veut quand même dire que mon corps commence à se préparer, ce qu'il continue d'ailleurs de faire depuis 48h où les contractions sont de plus en plus nombreuses !
Mais avec tout ça, Hector naîtra début 2015, ce qui ne nous arrange ni pour les impôts (pour 2014, nous allons perdre la demi-part à laquelle nous avons eu droit avec Élise pour 2013 sans gagner encore la demi-part de Hector) ni pour sa future rentrée scolaire (qui interviendra alors qu'il aura 3,5 ans bien tassés). Évidemment, je plaisante ! Tout cela m'importe si peu, du moment qu'il vient au monde vivant et en pas trop mauvaise santé !

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27 novembre 2014

La laisser partir...

Je n'arrive pas à laisser partir Élise.
Voilà ce qui est ressorti de mon rendez-vous avec la psychologue plus tôt cette semaine.

Je n'arrive pas à être en lien avec Élise autrement que par la souffrance. Ne plus souffrir de son absence serait la trahir.
Dit comme ça, on croirait que je le fais exprès mais ce n'est pas conscient.
J'irai mieux quand j'aurai dépassé ce stade... un jour... peut-être...

Il faut aussi que j'arrive à accepter l'existence d'Élise telle qu'elle est, telle qu'elle a été.
En plus du deuil d'Élise telle qu'elle est, telle qu'elle a été, il faut aussi que je fasse le deuil de tout ce que j'avais imaginé, espéré, projeté avec elle.
Dans le deuil d'Élise, il y a plusieurs deuils.
Il y a le deuil de mon enfant.
Il y a le deuil de ma fille, parce qu'en tant que femme, on ne projette pas les mêmes choses sur une fille et un fils (comme un homme ne projette pas les mêmes choses sur un fils et une fille).
Il y a le deuil de la sœur jumelle de mon fils.
Il y a le deuil de mon statut de mère de jumeaux.
Il y a le deuil de notre vie à quatre, auquel l'arrivée de Hector ne changera rien. Ce sera une vie à quatre, mais ce ne sera pas la vie à quatre qu'on aurait eue avec Élise et Gaspard. Cette vie à quatre là ne sera ni mieux, ni moins bien ; elle sera différente, elle sera autre.

 

D'après la psychologue, en moyenne, un deuil dure 2 ans. Ça fait tout juste 14 mois ; je suis encore en plein dedans.
On verra où j'en serai dans un an....

 

Il m'arrive de souhaiter de n'être jamais tombée enceinte, ni des grumeaux, ni du haricot. Juste pour effacer toute cette souffrance.
Il m'arrive de regretter d'avoir remis en route un bébé si rapidement. Il m'est difficile de le reconnaître, d'une part parce que j'ai ma fierté et qu'il n'est jamais aisé d'admettre qu'on a pu se tromper (alors même que certains nous avaient mis en garde), d'autre part parce que maintenant que Hector est là (ou presque), il n'a pas à subir l'état de sa mère.
Il m'arrive de confondre, brièvement mais quand même, mes deux grossesses. Enfin, plus particulièrement de me surprendre à croire que c'est Élise qui est de nouveau dans mon ventre, qu'on a une deuxième chance, elle et moi, elle et nous. Une deuxième chance pour tout réparer et faire que tout aille bien.

À tout cela, la psy répond que je n'ai pas d'autre choix que d'accepter les choses comme elles sont. Que si nous avons décidé de remettre un bébé en route si tôt, c'est parce que c'est ce que nous avions besoin de faire au moment où nous l'avons fait. Elle me dit aussi que, repasser maintenant, si tôt après le décès d'Élise, par toutes ces émotions si violentes, ravivées par cette nouvelle grossesse, fait peut-être partie de mon chemin, que j'ai peut-être besoin de tout ça pour avancer.
En même temps, je sais au fond de moi que, lorsque Hector sera là, dans nos bras, sous nos yeux, sa présence sera une évidence. En attendant, c'est compliqué à gérer...

 

On croit tous qu'on est indépendant, qu'on se moque de ce que pensent les autres, qu'on n'a pas besoin de leur avis. Et pourtant, dans ce deuil si intime, si profond, je me sens remise en cause par les autres dans ce que je vis et ce que je ressens.
Pas par tous, parce que - heureusement - certains (beaucoup même, si je compare avec d'autres parents endeuillés bien moins entourés et soutenus) sont à la hauteur.

Mais il y a ceux qui nous font douter.

Il y a ceux qui, en une phrase, annihilent tout le chemin que l'on a parcouru entre le moment où la question de l'ISG s'est posée et le moment où l'on a dû y répondre. Parce que, selon eux, "nous avons fait le bon choix". Sous couvert de nous rassurer et de nous conforter dans notre décision, ils nient tout ce qui se cache derrière. Je ne veux pas qu'on me dise qu'on a pris la bonne décision, je veux juste qu'on reconnaisse la torture mentale qu'impliquait - et qu'implique toujours - cette décision. Et toutes les questions qu'on s'est posées, ils en font quoi ? Toutes les questions qu'on se pose encore, ils en font quoi ? Tous les espoirs qu'on a nourris avant de devoir y renoncer, ils en font quoi ? Tous les regrets qui nous - me - pourrissent la vie, ils en font quoi ?

Il y a ceux qui, par une attitude, une hésitation, un non-dit, un regard, jettent le doute sur la légitimité de notre deuil.
Dernier exemple en date, le 18 novembre dernier, à 12h15, jour et heure des 14 mois du décès d'Élise, je me suis effondrée alors que j'étais au travail. Je suis sortie du bureau quelques minutes pour me calmer mais n'ai pu cacher mes yeux embués en revenant à mon poste. Une collègue s'en est aperçue et m'a prise à part pour tenter de me consoler. Entre deux sanglots, j'ai réussi à lui dire que nous étions aujourd'hui le jour des 14 mois du décès d'Élise. Une autre collègue s'est également inquiétée et nous a rejointes peu après. Ma première collègue a alors pris les devants en expliquant que nous étions le jour des 12 mois du décès d'Élise. Je l'ai corrigée. Et, à ce moment précis, j'ai senti (je ne sais pas comment expliquer autrement) dans son attitude une sorte de recul, que j'ai interprété comme "Ah ! Pour le premier anniversaire, j'aurais compris mais pour les 14 mois, tu n'en rajouterais pas un peu ?".

Ce qui est difficile dans ce deuil, c'est le décalage permanent. Soit avec soi-même, soit avec les autres.
Comment assumer ses émotions quand elles n'ont pas de place aux yeux des autres ? Comment être soi-même sans être regardée avec mépris, incompréhension, indifférence, condescendance ?
Moi je ne demande que ça : aller aussi bien que les autres le pensent ou le voudraient, mais si je m'aligne sur ce que les autres attendent de moi, je fais quoi de toutes ces émotions qui déferlent ?

 

La psychologue m'a demandé si nous parlions de tout ça avec mon mari. Oui, nous en parlons, dans le sens où ce n'est pas tabou, mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas grand-chose à dire ou du moins que je ne vois pas à quoi ça servirait d'en parler entre nous.
Ni moi, ni mon mari, ni ma famille, ni mes amis n'avons la clé. Je ne sais pas de quoi j'ai besoin pour aller mieux. Je sais juste qu'en ce moment, mon deuil prend toute la place chez nous et que mon mari prend beaucoup sur lui et se met en retrait par rapport à ça. La psychologue me dit que, s'il avait besoin de vivre les choses autrement particulièrement en ce moment, il l'exprimerait d'une façon ou d'une autre.
Mais lui, comment va-t-il ? Où est-ce qu'il en est ? Pourquoi serait-ce à lui de s'effacer ?

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09 octobre 2014

Cela va parfois mieux sans dire

Ce billet, il y a longtemps que je l'ai en tête. Depuis que l'on sait que je suis à nouveau enceinte, je crois. J'ai attendu, sans raison, avant de me décider à le rédiger et à le publier. Et puis il y a eu un déclic, avec ce qui est arrivé à "pastoutàfaitpapa". C'est d'ailleurs parce que ce déclic est lié à son histoire que j'ai préféré vous parler de lui au préalable.

J'avais déjà pensé à tout ça avant d'être à nouveau enceinte mais maintenant que je le suis, mon appréhension est encore plus pregnante. Je fais référence à toutes ces phrases que je redoute que l'on me dise ou que je regrette que l'on m'ait dites.

Ne me dites plus...

"Ah ! Tu fais comme moi !"
C'est ma grand-mère, la seule de mes grands-parents qui soit encore là, qui m'a sorti ça alors que je venais de lui annoncer que nous attendions un autre petit garçon. Ma grand-mère, qui n'a eu que des fils. Ma grand-mère, qui a perdu son deuxième fils à l'âge de 7,5 mois. Ma grand-mère, qui n'a pas compris que je suis aussi maman d'une petite fille...

"J'espère que ce sera une fille."
C'est la grand-mère de mon mari, elle aussi la seule de ses grands-parents qui soit encore là, qui m'a "souhaité" ça, alors que nous ne connaissions pas encore le sexe, comme si le fait d'avoir une autre petite fille pouvait adoucir l'absence d'Élise. Comment lui faire comprendre qu'au-delà de toute considération psychologique, le sexe nous importe si peu, pourvu que notre enfant naisse vivant et en pas trop mauvaise santé ? Comment lui faire comprendre qu'Élise ne sera jamais remplacée par une autre petite fille, que son absence ne sera jamais compensée par la présence d'une autre petite fille ?

Et ne me dites pas non plus...

"Il n'y a pas de raison."
Il n'y a pas de raison que ça se passe mal pour ce bébé, soit. Cela veut dire qu'il y avait une raison pour que le destin d'Élise vire au tragique ?!

"Tout va bien se passer."
Qu'en savez-vous ?!

"La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit."
J'ignorais que chacun avait un quota de malheurs à vivre sur Terre et que le décès d'Élise allait nous prémunir contre un autre drame. Alors comment expliquez-vous que certains parents aient à survivre à plusieurs de leurs enfants ?!

Je sais que ces paroles se veulent réconfortantes mais c'est exactement le but contraire qui est atteint à chaque fois. Je n'ai pas besoin d'entendre des paroles qui sonnent tellement faux à mes oreilles. Personne ne sait la tournure que va prendre cette grossesse. Le fait d'avoir perdu Élise et le fait que cette grossesse se déroule bien pour l'instant ne nous mettent à l'abri de rien.
Voulez-vous que je vous parle de ces grossesses qui se déroulent à merveille, jusqu'à l'accouchement qui se passe mal au point d'en devenir fatal pour le bébé ?
Voulez-vous que je vous parle de ces bébés qui s'épanouissaient pleinement dans le ventre de leur mère jusqu'à ce que leur cordon, qui les reliait à la vie, signe leur arrêt de mort ?
Voulez-vous que je vous parle d'Agnès, qui a perdu trois de ses cinq enfants avant la naissance ? De Stéphanie, qui a perdu ses deux fils avant d'avoir sa fille ? De Roxane, qui a perdu son fils, puis sa fille ? De Valérie, qui a perdu ses jumeaux fille et garçon ? De Marina, qui a perdu sa fille, puis son fils ?

Vous avez compris où je voulais en venir. Je me contenterai donc de vous recommander deux billets précis de pastoutàfaitpapa : "avec des mots d'enfant" et "mais moi je voulais une petite soeur".

Alors épargnez-moi ces phrases toutes faites et ces remarques vides de sens, s'il vous plaît. Je m'efforce de ne pas sombrer dans la paranoïa par rapport à cette nouvelle grossesse mais je n'ai pas besoin de ces commentaires qui ne font plus écho à ma réalité.

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22 septembre 2014

Échographie prémorphologique

Il y a une dizaine de jours, nous avons passé une nouvelle échographie, une en plus par rapport aux trois "de base" prévues pour une grossesse simple et qui se passe bien. Même si je ne veux pas tomber dans la surmédicalisation pour cette nouvelle grossesse, il est des angoisses que seuls des examens supplémentaires pourront un peu apaiser. La sage-femme que j'ai vue début août l'a bien compris et a renouvelé la proposition de la sage-femme qui nous avait fait passer la première échographie fin juillet : choisir, dans une certaine mesure, le suivi que nous souhaitions.

Pendant les quelques jours qui ont séparé ces deux rendez-vous, j'ai longuement réfléchi à ce qui m'aiderait à vivre cette grossesse le plus sereinement possible et ai finalement décidé de demander un compromis : revoir le Dr Brasseur pour les échographies et voir une sage-femme pour les consultations. Revoir le Pr Verspyck ne m'aurait rien apporté, si ce n'est une vague d'émotions négatives à chaque rendez-vous.
Cela peut paraître étrange car c'est le Dr Brasseur qui a été l'oiseau de mauvaise augure. Pourtant, c'est aussi grâce à elle que nous avons "rencontré" Élise au fil des échographies ; c'est grâce à elle que nous avons pu nous préparer à l'accueillir comme il le fallait. Et surtout, compte tenu du stade précoce auquel elle a découvert les malformations d'Élise, nous avons une confiance absolue en ses compétences.
Non que ce ne soit pas le cas vis-à-vis du Pr Verspyck mais ses interventions au cours de la grossesse des grumeaux ont été beaucoup plus "négatives" à nos yeux. C'est avec lui que nous avons évoqué l'interruption de grossesse ; c'est à lui que nous avons annoncé notre décision d'accepter cette interruption de grossesse ; c'est lui qui a arrêté le coeur d'Élise. Il n'est pas question ici de reproche ou de rancoeur : le Pr Verspyck n'a fait que suivre notre "souhait", il n'a été que l'exécutant d'une mécanique qui nous a tous dépassés. Mais il est trop associé au destin tragique d'Élise pour que nous souhaitions le revoir si nous pouvons l'éviter.

Echographe

C'est donc le Dr Brasseur qui a réalisé cette échographie prémorphologique, au même terme (à quelques jours près) que celui auquel avaient été découvertes les malformations d'Élise : le moment idéal pour désamorcer toute angoisse quant à une éventuelle récidive de ces anomalies.
Le Dr Brasseur a eu la délicatesse de se concentrer immédiatement sur le cerveau et le visage du haricot alors achevons le faux suspens immédiatement : aucune malformation (ni fente labio-palatine, ni dilatation ventriculaire cérébrale, ni autre anomalie) n'a été décelée. Je ne vous dirai jamais, au sortir d'une échographie, que tout va bien pour ce haricot ; ce type d'examen ne permet pas de l'affirmer. Je me contenterai donc de résumer en disant qu'aucun problème n'a été détecté.
D'ailleurs, quand on regarde bien les formulations sur le compte-rendu de l'examen, on comprend que les médecins aussi restent prudents :
"Les ventricules cérébraux ne présentent pas de dilatation visible."
"Les hémisphères cérébelleux, le vermis et la grande citerne sont d'aspect normal."
"Le nez et les lèvres sont d'aspect normal : pas de fente labiale décelable. Le profil ne présente pas d'anomalie interprétable en échographie."

Le Dr Brasseur a par ailleurs proposé de nous revoir une fois par mois, en plus des échographies des deuxième et troisième trimestres prévues en octobre et décembre. Je reconnais qu'en constatant l'écart entre les trois échographies de base et entre la dernière échographie et le terme prévu, je me suis demandé comment j'allais tenir, psychologiquement parlant, mais je n'aurais jamais demandé à "prendre la place" de quelqu'un d'autre en demandant des examens supplémentaires superflus. J'aurais eu des scrupules à "abuser" de rendez-vous supplémentaires avec une spécialiste mais puisque c'est elle qui l'a proposé, c'est que ces examens lui semblent justifiés, que la raison soit "juste" psychologique ou pas. Dans quelques jours, nous retournons au CHU pour plusieurs rendez-vous calés la même journée (sage-femme, échographie, psychologue) : nous en profiterons pour prendre ces rendez-vous supplémentaires.

Il y a un autre élément à retenir de cette échographie. Vous vous souvenez sans doute que nous ne souhaitions pas connaître le sexe du haricot avant la naissance. En vérité, j'étais la seule à vouloir garder le suspens, contrairement à mon mari. Nous étions donc convenus de prétendre que ni lui ni moi ne le connaissions, histoire de lui éviter de se faire harceler ou piéger par notre entourage. Lors de cette dernière échographie, il devait donc être le seul à savoir si j'avais un petit Hector ou une petite Coline dans le bidon - tout comme il aurait dû être le seul l'an dernier à savoir que j'attendais un petit Gaspard et une petite Élise. Jusqu'à la veille de l'échographie, je maintenais le cap de la surprise. Mais le matin même, j'ai brusquement réalisé que je ne vivrais pas les choses de la même façon selon que j'attendrais un garçon ou une fille et que j'avais besoin de m'y préparer. Attendre une fille serait autrement plus compliqué à gérer que d'attendre un garçon, par rapport à Élise évidemment mais était-il besoin de le préciser.
À la fin de l'échographie, mon mari a donc glissé discrètement mais de façon intelligible tout de même : "alors, tu veux connaître le sexe ou pas ?". Le Dr Brasseur a forcément relevé et, après ma réponse positive, nous a montré les images dévoilant le sexe du haricot. Du coup, pour ne pas risquer la gaffe non maîtrisée, nous avons décidé de révéler le sexe à tout le monde.
J'ai donc le plaisir de vous annoncer qu'Élise et Gaspard vont avoir un petit frère !