30 mai 2014

Psychiatre - Épisode 1

Le 13 mai dernier, j'ai eu mon premier rendez-vous avec le Dr Terranova, une psychiatre spécialisée dans toutes les questions autour de la périnatalité. Je n'attendais pas grand-chose de ce rendez-vous, il faut dire que ce n'est pas vraiment moi qui l'avais sollicité.

J'ai donc eu affaire à cette psychiatre et à un étudiant en médecine qui s'est contenté d'assister, sans y participer, à l'entretien.
Le Dr Terranova est sans doute "familière" de ma situation mais j'ose espérer que si, à la faveur de ce rendez-vous, cet étudiant a découvert (rayez les mentions inutiles) le deuil périnatal d'un singleton, le deuil périnatal d'un multiple, l'interruption médicale de grossesse et/ou l'interruption sélective de grossesse, il a compris des choses, s'est posé et se posera des questions et fera preuve d'humanité et de compréhension s'il est de nouveau confronté à ce type de drame au cours de sa carrière.

Le Dr Terranova m'a reçue dans son bureau de l'hôpital psychiatrique à quelques kilomètres de chez moi. L'hôpital en lui-même est "accueillant" (beaucoup d'espace, de la verdure) mais dans le bâtiment où l'on m'attendait, l'ambiance n'était plus à la flânerie. Tandis que le rez-de-chaussée est consacré aux hospitalisations, le service de consultations se situe au premier étage, à première vue accessible au public uniquement par un escalier. Je m'apprêtais donc à porter Gaspard dans sa poussette pour atteindre le premier étage lorsqu'une soignante m'a aperçue à travers la porte vitrée fermée à clef séparant le hall du service d'hospitalisation et m'a proposé d'emprunter leur ascenseur de service.

Pendant le court instant où la soignante a refermé la porte vitrée derrière moi et a attendu l'ascenseur à mes côtés, un patient hospitalisé qui traînait dans le couloir a fixé obstinément Gaspard du regard - un regard qu'il m'a été impossible de déchiffrer : attendrissement, folie ? Rien de tel pour vous mettre dans l'ambiance et pour vous faire douter à la fois - et c'est paradoxal - de la pertinence de votre présence et de votre propre état mental. Pour résumer, cette question n'a cessé de faire des allers-retours dans ma tête : qu'est-ce que je fais là ?
D'ailleurs, à la fin de l'entretien, après avoir hésité un court instant à me laisser redescendre seule, la psychiatre elle-même m'a raccompagnée jusque dans le hall, hors secteur hospitalisation, justifiant sa décision d'une seule phrase : "il y a quand même des malades en bas".

Une fois arrivée dans le bureau de la psychiatre, j'ai à peine eu le temps d'ôter mon manteau et de découvrir un peu Gaspard qu'elle m'a lancé sans préliminaires : "Racontez-nous". Raconter quoi ? La grossesse ? La descente aux enfers depuis le 24 mai 2013 ? L'accouchement ? Le retour à la maison ? Comment j'ai atterri dans ce bureau ? J'ai finalement essayé de lui présenter un résumé de quelques phrases couvrant tous ces évènements.

Neuropédiatrie

Quand j'ai eu fini, elle n'a pas enchaîné tout de suite en rebondissant sur ce que je venais de lui dire ou en creusant tel ou tel aspect. Il y a eu un blanc - le premier d'une longue série au cours de cet entretien. Dans l'ensemble, il y a eu moins d'échanges qu'avec la psychologue du CHU mais le contexte est différent : elle est psychiatre et pas psychologue et elle découvre l'histoire "après la bataille" et non au fil de l'eau.

Elle m'a finalement et tant bien que mal interrogée sur différents aspects, dans le désordre :

  • Comment avions-nous accueilli l'annonce de la grossesse gémellaire ?
  • Comment s'était passé le retour à la maison avec Gaspard ?
  • Comment mon mari vivait-il la situation ?
  • Comment allais-je ?
  • Quelle relation avais-je avec Gaspard et quels sentiments éprouvais-je pour lui ?
  • Est-ce que je sortais et est-ce qu'il m'arrivait de rester enfermée plusieurs jours de suite ?
  • Avais-je toujours de l'appétit ?
  • Comment était mon sommeil ?
  • Avais-je toujours le goût pour les choses que j'aimais faire avant ?

Je lui ai également parlé spontanément :

  • du manque d'Élise,
  • de la culpabilité liée à la décision de l'ISG,
  • des difficultés liées au deuil périnatal.

Parmi les exemples qu'elle m'a demandés par rapport à ce dernier point, j'ai évoqué la phrase de la médecin de la PMI mais sans préciser de qui elle venait. J'ai hésité - j'aurais dû mais je n'ai pas osé parce que je ne voulais pas l'incriminer. Pourtant je sais que :

  1. ce n'est pas à moi de prendre soin des autres en ce moment - en tout cas pas des "étrangers" et pas comme ça ;
  2. si j'avais été plus précise, elle lui en aurait peut-être parlé et cette médecin aurait peut-être fait moins de gaffes face à d'autres parents ayant perdu un enfant.

Après ces échanges laborieux, et comme je ne savais toujours pas ce qu'elle attendait que je lui dise et ce qu'elle cherchait à comprendre ou à savoir dans mes paroles, j'ai fini par être franche : "je ne sais pas pourquoi je suis venue, je ne sais pas quel est le but de ce rendez-vous". C'est là qu'elle m'a enfin expliqué que son rôle était de déterminer si ma souffrance était normale dans le contexte ou s'il y avait un état pathologique - dépressif, appelons les choses par leur nom - derrière tout ça.

Elle m'a tenu le même discours que la psychologue du CHU lors de notre dernier RDV en février : elle n'est pas favorable aux traitements médicamenteux en cas de deuil (moi non plus, ça tombe bien), elle les juge artificiels et estime qu'un état dépressif n'est pas rare en pareille situation et peut même être nécessaire. Elle a au moins l'air de comprendre que pleurer son bébé est normal, même plusieurs mois après, et ne semble pas encline à me gaver d'anti-dépresseurs.

En lieu et place de ce traitement qui n'était pas à l'ordre du jour, elle m'a proposé un accompagnement à domicile par l'un des membres de son équipe : psychologue, puéricultrice, infirmière psychiatrique, etc. Dans mon cas et compte tenu de ce que je lui ai dit, elle a estimé que la psychologue serait la plus adaptée. Nous sommes alors convenues de nous revoir une quinzaine de jours plus tard pour en rediscuter et - si j'ai bien compris - pour que je rencontre la psychologue avant qu'elle ne vienne chez nous.


06 mai 2014

Cosmopolitan

Récemment, j'ai inscrit mon blog au concours de blogs (ça tombe bien !) organisé par le magazine féminin Cosmopolitan.

Mon intention n'est pas de gagner : je sais que le genre de blog auquel le mien appartient ne gagne jamais. Pas assez "punchy", pas assez décalé, pas assez drôle.
Mon objectif est bien plus modeste : donner une autre vitrine, même à toute petite échelle, au blog toujours dans l'idée de faire parler du deuil périnatal et de l'interruption médicale et sélective de grossesse.

Si vous voulez m'aider à atteindre mon objectif, vous pouvez toujours voter pour moi en cliquant par exemple, une fois par jour, sur l'image ci-dessous :

23 avril 2014

Jumeaux esseulés

Vidéo

Chaque jour, l'émission Les maternelles sur France 5 répond à une question d'une "maternaute" par la voix d'un de leurs spécialistes.

Hier, c'est à ma question, posée via leur page Facebook, qu'ils ont répondu par la voix du pédopsychiatre Michaël Larrar.

Je suis d'accord avec la majeure partie de sa réponse mais, comme on dit, "plus facile à dire qu'à faire".

En revanche, je ne suis pas certaine qu'il ait déjà été confronté réellement à ce genre d'histoires car il est certain que nous n'attendrons pas que Gaspard ait cinq ou six ans pour lui parler d'Élise car cela impliquerait de ne pas parler d'elle devant lui, d'enlever les photos et toutes les traces d'elle chez nous, de nous cacher quand nous allons la voir au cimetière : ce serait tout simplement impossible pour nous !

18 avril 2014

Ronan

Aujourd'hui, cela fait sept mois qu'Élise est morte.

Ça ne fait pas si longtemps que j'arrive à l'écrire - et même à le dire, parfois : Élise est morte.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte ; je disais qu'elle n'était plus là.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte-née (je ne sais même pas si ça se dit au féminin, d'ailleurs) ; je disais qu'elle était née sans vie.

Je pourrais aussi dire qu'elle a fini de vivre. Comme Ronan.

Car aujourd'hui, je ne vais pas vous parler d'Élise. Enfin, pas tout-à-fait. Je vais vous parler de Ronan.
Mais parler de Ronan, c'est un peu parler d'Élise quand même.
Parce que Ronan a vécu.
Parce que Ronan a une sœur jumelle.
Parce que Ronan est parti trop vite.

Ronan est un petit garçon qui a un grand frère, Yann, et une sœur jumelle, Selma.
Ronan est venu au monde le 14 novembre 2008.
Ronan est mort le 19 janvier 2009. De ce qu'on appelle communément la mort subite du nourrisson.
66 jours avec ses parents, son frère et sa sœur.

Sa maman, Micha, en a fait un récit qu'elle a publié sur son site. Un récit bouleversant, que je voulais partager avec vous, et avec l'autorisation de Micha. En hommage à Ronan et, d'une certaine façon, en ce 18 du mois, en hommage à Élise.

Ronan a fini de vivre

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10 avril 2014

Over ze rainbow

Aujourd'hui, c'est la journée "je parle des autres" (mais quand même un peu de moi, à travers tout ça) !

Maintenant que je vous ai parlé de Ginie, femme sweet femme et de sa nouvelle, La bascule, je peux vous parler du site qu'elle et Cécile, auteur du blog 8 à la maison et elle-même "mamange", ont lancé il y a quelques semaines : Over ze rainbow.

L'ambition du blog est résolument positive : aider les autres à aller mieux et leur montrer que le tunnel peut avoir une fin.
Le mot d'ordre est résumé par cette phrase de Khalil Gibran : "Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie".

Over ze rainbow

Même si je n'en suis qu'au début du chemin et que je ne conjugue le verbe "s'en sortir" qu'au présent - parfois au futur négatif, pas encore au passé composé - je leur ai envoyé mon témoignage il y a plus de deux mois. Elles ont finalement décidé de le publier hier :

http://overzerainbow.com/2014/04/deuil-perinatal-5/


La bascule

Je viens de vous parler de Ginie, femme sweet femme. Le seul but de ce billet était de faire office d'introduction car c'est surtout de la nouvelle écrite par Ginie sur la perte de son bébé que je voulais vous parler.

Elle a expliqué la genèse de cette nouvelle ici :
http://www.femmesweetfemme.fr/la-bascule/

Parmi les trois thèmes imposés (ou plutôt parmi les phrases imposées et autour desquelles il fallait écrire), Ginie a choisi :
"Je suis des yeux l’avion dans le ciel. C’est maintenant que tout commence."

Cette nouvelle, intitulée La bascule, est lisible ici : http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/la-bascule-n225699.html

Avion dans le ciel

Je me permets de la reproduire ici parce que je trouve ce texte aussi poignant que bien écrit :

Je m’étais souvent demandé comment ce serait, le jour où on m’annoncerait une terrible nouvelle. Comment je vivrais ces quelques secondes qui font basculer une vie, ces secondes que nous vivons tous un jour. Je m’étais demandé si, comme dans les films, tout ce qui m’entourait se mettrait à fonctionner au ralenti, si les bruits me parviendraient étouffés, si je me sentirais loin de tout, si je crierais.

Je ne crie pas. Si je le fais, la possibilité que ce ne soit qu’un mauvais rêve disparaîtra. Doucement, pour ne pas me réveiller, j’implore l’homme en blouse blanche de me dire que ce n’est pas vrai.
Je vous en supplie, retirez ce que vous venez de dire, on fera comme si ce n’était pas arrivé. Je ne veux pas savoir. J’ai mal compris. Vous avez mal prononcé. Ce n’est pas en train d’arriver. Dites-moi que vous retirez, rembobinez. On était bien il y a quelques secondes à peine, pourquoi tout gâcher ?
On riait tous ensemble de mon gros ventre qui m’empêchait de voir mon poids sur la balance. J’avais peur, comme toutes les femmes qui vont accoucher, mais j’étais heureuse. On peut retourner en arrière, s’il vous plaît, Docteur? On peut oublier ?

La sage-femme me tient la main.
Mon mari pleure.
Le médecin range son matériel en évitant soigneusement mon regard.
Il ne rembobine pas.
Ce n’est pas un rêve, ce n’est pas une blague. Mais c’est peut-être une erreur médicale, ça arrive souvent les erreurs médicales. D’ailleurs, ce médecin m’a l’air bien jeune pour asséner un verdict aussi définitif, si ça se trouve c’est la première fois qu’il fait une échographie et il ne regarde pas au bon endroit. Oui, voilà, ça doit être ça.
Cherchez encore un peu, Docteur, non, ne rangez pas votre foutue machine. Elle ment, vous mentez, le cœur d’un bébé n’arrête pas de battre comme ça, sans raison. Ce matin encore il dansait en moi, je sentais bien que c’était pour aujourd’hui. C’est un petit farceur, vous savez, il nous fait souvent rire. Tiens, à chaque fois qu’il bouge, j’essaie de le filmer et il s’immobilise dès qu’il entend l’appareil s’allumer. Il nous fait une blague, j’en suis sûre. Je dois lui donner la vie, Docteur, je ne veux pas lui donner la mort. Tout ça n’a pas de sens.

La sage-femme me caresse la tête et m’explique ce qu’il va se passer maintenant. Je ne l’entends pas. Je ne veux pas l’entendre. Ce n’est pas en train d’arriver.
Je veux devenir sourde, je veux que tout soit au ralenti, je ne veux plus rien sentir, je veux être ailleurs. Vous pourriez m’endormir quelque temps s’il vous plaît ? Vous me réveillerez quand tout sera terminé, je ne veux pas être là, je ne peux pas affronter. Je ne suis pas forte, vous savez, j’ai la dépression facile et l’angoisse vissée au corps. Je ne suis pas de taille à surmonter ça, il ne faut pas se fier aux apparences. Je me prépare tant bien que mal à la perte de mes parents, parce qu’il paraît que c’est la vie. Je m’y prépare parce que je sais que si on me prend de court je ne pourrai pas me relever. Mais là, mon fils, je ne peux pas l’encaisser, je vais crever, je vous le jure. Et comment je vais dire ça aux autres ? Qu’est-ce qu’on va faire de son doudou, des pirates sur les murs de sa chambre, de tous ses pyjamas, du petit lit blanc ? Qu’est-ce qu’on va faire des étoiles dans nos yeux, du soleil dans nos projets ?
Qu’est-ce qu’on va faire de nous ?

Alors c’est comme ça.
C’est comme ça quand tout s’écroule.
Brutal, irrémédiable, dévastateur. Ca ne fait pas de bruit, ça n’a pas d’odeur, ça ne se voit même pas. Si quelqu’un entre dans la petite pièce sombre, il pourra croire que nous pleurons de joie. De quoi pourrait-on bien souffrir lorsqu’on a le ventre tendu d’amour ?
Il y aura un avant et un après et pourtant, rien n’a changé.
Le ventilateur brasse l’air climatisé au même rythme qu’avant.
Le néon au-dessus de ma tête grésille toujours.
Le médecin va continuer sa journée de travail. Il va sortir de la pièce, sans doute aller glisser une pièce dans une fente en échange d’un café trop chaud mais réconfortant et ce soir il aura une triste histoire à raconter à sa femme.
La sage-femme appellera peut-être une copine, pleurera sûrement un peu. Elle a choisi ce métier pour aider des parents à accueillir leurs enfants. Pas pour qu’ils leur disent adieu.
A travers la vitre teintée, je vois les voitures ralentir pour laisser passer les piétons qui sortent du cinéma. Les couples trainent, pour prolonger ce bon moment et partager leur sentiment sur le film qu’ils viennent de voir. Les familles pressent le pas pour rentrer plus vite à la maison, il faut encore manger, prendre le bain, finir les devoirs que les enfants avaient remis à plus tard. Aucun ne se doute de ce qui se joue à quelques mètres d’eux, de l’autre côté du mur.
Dans le ciel, un avion vient de décoller de l’aéroport tout proche.
La sage-femme met son masque et me dit que ça va être le moment.
J’imagine qu’il est chargé de passagers en partance pour des vacances, vêtus de chemisettes et bermudas colorés.
Elle met en place la perfusion. Je donnerais tout pour être à bord de cet avion.
Je porterais ma robe longue à fleurs, celle dans laquelle je voyais si bien mon ventre bouger.
Elle me dit qu’il va falloir être forte.
Dès qu’on atterrira, on ira à la plage. Je ferai la planche sous le soleil et on oubliera tout. Tous les trois.
18h10
C’est maintenant que tout s’arrête. C’est maintenant que tout commence.

 

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Ginie, femme sweet femme

C'est par une autre maman du groupe Nos tout-petits sur Facebook que j'ai découvert le blog drôlement (mais pas que) bien écrit de Ginie, femme sweet femme, il y a quelques mois déjà.

Ginie, femme sweet femme

C'est à travers ce billet, bien plus intime et plus grave que le reste du blog, que j'ai découvert l'histoire de Ginie :

http://www.femmesweetfemme.fr/journee-de-sensibilisation-au-deuil-perinatal/

Et ce sont ces mots qui m'ont marquée à la première lecture :

En ce sens, je pense qu’une sensibilisation est nécessaire. Parce que s’il y a bien une chose qui aide les parents d’enfants absents à se reconstruire, c’est le soutien qu’ils reçoivent et de voir que pour les autres aussi, c’est grave. On n’a pas perdu un objet. On n’a pas perdu un animal. On a perdu un enfant. On ne veut pas tourner la page. On ne veut pas oublier. On ne veut pas vous déranger. On veut juste que vous compreniez.

Car Ginie fait partie des parents qui ont perdu un bébé :

http://www.femmesweetfemme.fr/tu-ne-seras-pas-un-homme-mon-fils/

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18 mars 2014

Six mois

15 638 400 secondes
260 640 minutes
4 344 heures
181 jours
26 semaines
6 mois
1 demi-année
...

6

15 mars 2014

Les experts Europe 1 - Comment se reconstruire après un traumatisme ?

Vidéo

Fidèle auditrice d'Europe 1 depuis quelques années maintenant, je suis également quelques émissions de la station via Facebook, notamment celle des Experts, animée par Helena Morna et définie ainsi sur le site d'Europe 1 : "Accompagnée d'experts, dont Roland Perez, Helena donne la parole aux auditeurs, les conseille, pour comprendre les enjeux et trouver des solutions à toutes les problématiques de la vie quotidienne".

Lundi dernier, c'est donc via cette page Facebook que j'ai découvert que l'émission du lendemain était consacrée à ce thème : "Comment se reconstruire après un traumatisme ?". Étant à l'affût de la moindre occasion de (faire) parler du deuil périnatal et de l'interruption de grossesse (et du blog si possible), j'ai laissé un commentaire racontant mon traumatisme en quelques phrases et comment l'écriture m'aide à faire face. Mon témoignage les a intéressés et c'est ainsi que je me suis retrouvée à la radio mardi dernier vers 15h30.

Un peu impressionnée et intimidée, je n'ai pas su parler aussi longtemps et de façon aussi fluide que les autres auditeurs sollicités ce jour-là mais je suis contente :

  • d'avoir pu prendre la parole sur ce qui me tient tellement à cœur,
  • d'avoir pu évoquer - même brièvement - ma fille,
  • d'avoir eu la possibilité de communiquer l'adresse du blog sur la page Facebook de l'émission,
  • d'avoir pu toucher ne serait-ce qu'une personne qui m'a entendue et qui m'a laissé un message privé. Une Annabelle. Qui a eu un bébé né sans vie.

L'émission dure près de 45 minutes et aborde différents types de traumatismes. Mon témoignage débute à 18 minutes 42 secondes. Vous pouvez écouter l'émission en intégralité ici :

14 mars 2014

Comparer

Combien de fois ai-je entendu "c'est moins pire que si vous l'aviez connue" ou "c'est mieux que si vous aviez eu des souvenirs" ?! Les gens se sentent obligés ou rassurés de rationaliser, de hiérarchiser, de comparer. Mais ce n'est pas là l'essentiel. Bien sûr que l'on peut s'estimer heureux ou chanceux de telle ou telle chose, bien sûr que l'on peut toujours trouver pire. Mais est-ce que l'on souffre moins pour autant ?!

C'est la troisième fois que je vais au groupe de paroles alors j'ai déjà entendu et vu plusieurs histoires de deuil périnatal.
Des couples. Des mamans seules. Des papas seuls.
Des parents hétérosexuels. Des parents homosexuels.
Le deuil d'un premier enfant. Le deuil du deuxième ou plus. Le deuil du petit dernier.
Des décès in utero. Des décès à la naissance. Des décès à quelques jours ou semaines de vie.
Des interruptions médicales de grossesse. Des décès inattendus. Des décès prévisibles.
Le deuil d'un enfant. Le deuil d'un des jumeaux. Le deuil de plusieurs enfants.
Des décès en début de grossesse. Des décès à quelques jours ou heures du terme.

Autant d'histoires que de familles mais toujours la même douleur. Toujours.

Réflexion

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