08 avril 2014

Petipo

Je ne savais pas quoi faire aujourd'hui, alors j'ai assuré les arrières de Gaspard en cas de guerre ! :-)

image

Faut juste faire attention au crocrodile en embuscade ! ;-)

Posté par Tannabelle à 15:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


04 avril 2014

L'allaitement est un sacerdoce

Je me réjouis que Gaspard ait jusqu'à présent passé plus de temps au sein qu'au biberon depuis sa naissance :

  • Allaitement maternel exclusif : du 19 septembre au 24 janvier
    avec un intermède forcé (!) d'allaitement mixte du 11 au 13 décembre (et quelques jours après pour terminer la boîte)
  • Allaitement mixte : du 25 janvier au 9 février
  • Allaitement artificiel : depuis le 10 février

Gaspard est passé au lait artificiel parce qu'il n'avait pas suffisamment grossi lors de la visite chez le pédiatre ou, du moins, pas autant que les fois précédentes et que le pédiatre a attribué cela au fait que je ne suffisais plus à ses besoins. Sur le coup, je l'ai cru "bêtement". Depuis, ça m'a travaillée et après quelques heures passées sur Internet, j'ai décidé que je n'avais pas encore dit mon dernier mot !

 

Je n'ai pas l'intention de rejoindre les militantes pro-allaitement (qui frôlent parfois l'extrêmisme) mais quand même, je ne vois que du positif dans tout ça ! Et loin de moi l'idée de juger celles qui font un autre choix ; je constate simplement que le choix que j'ai fait m'a comblée. Pour moi, allaiter son enfant, c'est :

  • une forme supplémentaire de complicité,
  • pratique (rien à préparer, stériliser, chauffer, nettoyer, emporter !),
  • économique (entre deux ou trois soutien-gorge d'allaitement pour toute la durée de l'allaitement et en moyenne une boîte de poudre par semaine, le calcul est vite fait !)
  • possible partout, tout le temps et immédiatement.

Bon, je ne vous cache pas que la médaille de l'allaitement a quand même un revers :

  • des seins franchement pas discrets (on va dire ça comme ça !),
  • des fuites de lait intempestives mais relativement rares, heureusement,
  • l'impossibilité de dormir sur le ventre sous peine de sur-solliciter les canaux lactifères,
  • la nécessité de porter un soutien-gorge nuit et jour, jour et nuit.

Et pour être complètement honnête, je dois reconnaître que si l'on donne son propre lait au biberon (au moins partiellement), on retrouve forcément :

  • quelques-unes des contraintes du lait artificiel,
  • mais aussi un avantage : la possibilité (et même le droit !) de ne pas être avec son enfant à l'heure du repas.

Et pour ceux qui se poseraient la question : j'aurais également choisi d'allaiter si Élise avait été là aussi. Peut-être moins longtemps, peut-être moins facilement - encore que - mais toujours est-il qu'allaiter des jumeaux ne m'effrayait pas. Au contraire, je voyais ça comme un défi à relever !
Les conseils sur l'allaitement de jumeaux faisaient d'ailleurs partie des des liens que j'avais mis en favoris en début de grossesse et que je me suis résolue à supprimer il y a peu.

 

Donc, comme ce n'est ni Gaspard ni moi qui avons décidé d'arrêter l'allaitement, je me suis laissée tenter par l'idée de reprendre. Il paraît que c'est possible jusqu'à six mois après avoir arrêté.

Sans parler de l'objectif de la relactation et au-delà de tous les bienfaits que je vois dans l'allaitement au sein, ma démarche et tout le processus de relactation représentent aussi pour moi l'occasion de faire quelque chose pour Gaspard, moi qui suis tout le temps à l'affût des moindres idées que je pourrais réaliser pour Élise. Ce n'est pas un moyen de me détourner d'Élise - je n'en ai ni envie, ni besoin - mais c'est un moyen de me consacrer à Gaspard.

 

Contrairement à ce que je pensais et espérais, les consultantes en lactation ne sont pas très nombreuses par chez moi. Parmi les quelques-unes répertoriées sur le site consultants-lactation.org, j'ai choisi la consultante qui, d'après ses activités et les lieux où elle exerce, serait la plus compétente et la plus "motivée" pour m'aider dans mon entreprise. Car mon souhait d'allaiter à nouveau Gaspard alors qu'il serait plus simple de laisser tomber pour s'en remettre totalement aux biberons de lait artificiel implique patience et motivation et nécessite des conseils avisés.

Ses premiers conseils, dispensés par mail en attendant notre première rencontre la semaine prochaine, ont rejoint ce que j'avais lu, voire commencé, de mon côté :

  • refaire du peau-à-peau avec Gaspard juste pour le "plaisir", sans arrière-pensée ou attente particulière même si l'idée sous-jacente est de le ramener naturellement vers le sein ;
  • tirer mon lait 6 à 8 fois par jour.

Je ne manque ni de patience, ni de détermination, ni de temps. Je veux simplement être sûre de faire les choses comme il faut et que quelqu'un me soutienne, en tant que professionnel compétent et de bon conseil. Alors, si la consultante me dit que je dois tirer mon lait 12 fois par jour et même la nuit les premiers temps, je le ferai ! Avec des cernes sous les yeux mais je le ferai ! :-)

Premier verdict après le rendez-vous de la semaine prochaine. Verdict définitif dans quelques jours ou semaines !
J'espère bien pouvoir vous dire bientôt que j'aurai ressorti mes vêtements d'allaitement que j'avais déjà rangés.

Vêtements allaitement

21 mars 2014

Injustice

Je me souviens de la réaction quasiment immédiate d'une personne en particulier à qui nous venions d'apprendre que Gaspard avait une jumelle : "Je n'en parlerai pas à mes enfants, ils sont trop petits". Ils sont deux garçons et ils doivent avoir entre 4 et 10 ans.

Je comprends cette volonté de protéger ses enfants, surtout lorsqu'ils sont encore trop jeunes pour appréhender certaines choses "de grands". Je comprends, je crois même que j'approuve. Mais ça ne m'empêche pas de trouver ça injuste.

Ces enfants-là vont grandir - du moins, un certain temps - sans savoir que la mort existe, sans savoir que la vie est cruelle, sans savoir que l'on n'a pas besoin d'être vieux pour mourir, sans savoir que certains enfants grandissent sans leur sœur à leurs côtés.

Je ne suis pas jalouse. Au contraire, je trouve ça bien parce que c'est comme ça qu'on devrait commencer sa vie : avec légèreté et insouciance. Je ne dis pas non plus que, puisque Gaspard n'aura pas cette chance, ils ne devraient pas l'avoir non plus. Ce n'est pas comme ça que je réfléchis et ce n'est pas comme ça que ça marche.

Mais mon Gaspard, quand il aura l'âge de l'aîné ou même du cadet, il saura déjà tout ça. D'abord affectivement, puis intellectuellement au fur et à mesure qu'il sera capable de verbaliser. Et je trouve ça injuste.

Parce que la vie a été injuste avec Élise et avec nous, mais aussi avec Gaspard. C'est injuste de mourir avant de vivre. C'est injuste d'enterrer son enfant. Et c'est injuste de grandir sans sa sœur.

Injustice

Posté par Tannabelle à 13:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 mars 2014

Rien qu'à elle

Comme après chaque groupe de paroles, j'ai du mal à "redescendre". Ces deux heures passent trop vite, je voudrais parler encore et encore, écouter encore et encore. Parce que ces deux heures n'appartiennent qu'à Élise. Je n'ai pas honte - je n'ai plus honte - de le dire : je n'ai pas pensé à Gaspard pendant ces deux heures. Enfin, si. J'ai pensé à lui parce que j'ai parlé de lui par rapport à Élise et par rapport à mon cheminement, mais je n'ai pas pensé à lui à l'instant T, je ne me suis pas demandé ce qu'il faisait ou s'il avait bien mangé. D'ordinaire, c'est Gaspard qui me fait "oublier" Élise ou plutôt qui monopolise mon attention et mes pensées au détriment de sa sœur alors j'aime bien quand c'est l'inverse qui se produit.

Et puis il y a ces petites choses que je n'ai pas eu le temps ou l'occasion de dire et qui me trottent dans la tête parce que j'avais envie de les dire.

J'aurais voulu dire que nous avons récupéré de nouvelles photos d'Élise et que ça nous (a) fait beaucoup de bien. Des souvenirs en plus, tout simplement.

J'aurais voulu dire que cette après-midi j'ai déposé le double du livre d'Élise dans le coffre que nous avons loué exprès à la banque.

Et j'aurais voulu dire que, mardi soir, j'ai participé à mon premier concert depuis ma reprise de la musique et que j'ai été fière et heureuse de jouer pour ma fille, en son honneur, avec ma copine altiste qui est tellement à mon écoute, deux morceaux qui veulent dire beaucoup, par leur titre ou par leurs paroles : Lettre à Élise et Somewhere over the rainbow.

Arc-en-ciel

03 février 2014

Administrations

Le dédale administratif relatif à la naissance sans vie de son enfant a de quoi en déboussoler plus d'un... Même si je comprends la plupart de ces règles, cette confusion n'aide pas à déterminer la place de son enfant, que ce soit dans sa tête, dans son corps, dans sa famille ou dans la société.

 

Pour le versement de la prime de naissance, Élise compte parce que l'accouchement a eu lieu après le premier jour du mois civil qui suit le cinquième mois de grossesse.

Pour le versement des allocations familiales et l'éligibilité à un congé parental de trois ans, Élise ne compte pas parce qu'elle n'est pas "à notre charge", ce que je comprends parfaitement.

Pour l'inscription à l'état civil, Élise compte à moitié parce qu'elle est née sans vie mais après 15 SA; elle ne figure donc que dans la section "Décès" de notre livret de famille et Gaspard est donc considéré comme notre deuxième enfant.

Pour la sécurité sociale, Élise compte parce qu'elle est née sans vie mais viable, c'est-à-dire après 22 SA et avec un poids supérieur à 500 grammes ; j'ai donc droit à un congé post-natal pour jumeaux et la durée de mon prochain congé maternité sera calculée sur la base de deux premiers enfants viables.

Pour les impôts, Élise compte provisoirement. Elle a le droit de figurer sur notre déclaration de revenus pour l'année 2013. Mais elle ne figurera pas sur notre déclaration de revenus pour l'année 2014, ni pour toutes les années suivantes.

Enfants nés sans vie et impôts

Pour le calcul de la retraite, Élise compte en partie ; j'aurai donc droit à la prise en compte d'un trimestre d'assurance pour la naissance - même sans vie - d'Élise.

 

Et si je dois remplir un jour une feuille de soins pour Gaspard, je mets quoi dans cette case ?

Feuille de soins

 


30 janvier 2014

En haut de la montagne

Depuis les fêtes, le moral n'est pas très haut mais ces derniers temps, il l'était encore moins sans que je m'explique vraiment pourquoi. Et puis j'ai compris. J'ai compris que c'est parce que l'on s'approche de tous ces "il y a un an". J'ai souvent lu que la première année après la perte de son bébé est la plus difficile parce que c'est la première fois que l'on repasse par toutes "ses" dates... Je crois que c'est vrai. Je vous dirai ça dans un an.

En attendant, il ne faut pas m'en vouloir si je vous parle beaucoup de 2013. En 2014, ce sera la première fois depuis la grossesse et depuis le décès d'Élise que je repasserai par toutes les dates qui ont marqué 2013, que je revivrai le changement de saison, que je repenserai aux étapes de la grossesse.

 

Aujourd'hui, nous sommes le 30 janvier 2014.

 

Il y a un an, débutait pour de vrai ma première grossesse. Ironie de la vie : aujourd'hui, nous nous rendons à nouveau à l'hôpital pour participer à une rencontre "parents-bébés" organisée par la sage-femme qui nous a préparés à la naissance. Une façon de boucler la boucle, diront certains.

Nous aurions pu choisir de ne pas y aller, pour ne pas affronter ces couples, ces mamans à qui nous n'avions rien dit pendant la grossesse. Mais, depuis le début, nous nous efforçons de vivre comme si Élise était là aussi, de faire les choses qu'on aurait faites s'ils avaient été là tous les deux. Nous n'avons pas honte de notre fille alors pourquoi la cacher ? Et puis c'est aussi une façon de la faire exister et reconnaître, une motivation sans faille pour continuer à avancer.

Aujourd'hui, nous allons donc présenter Gaspard et Élise. Pour Gaspard, c'est son sac à langer que je prépare ; pour Élise, c'est son livre. Une seule différence mais quelle différence...

 

Il y a un an, nous étions au comble de l'impatience, de l'espoir, de l'excitation. C'était le jour du "replacement", comme on dit : le replacement du ou des embryons qui se seraient formés suite à la fécondation in vitro réalisée deux jours plus tôt.

Lors de la première FIV, en décembre 2011, un seul embryon s'était formé ; il avait pu être replacé mais n'avait pas tenu.

Lors de la deuxième FIV, en juin 2012, aucun embryon ne s'était suffisamment formé pour pouvoir être replacé. Mais ça, nous ne l'avions su qu'au dernier moment, alors que nous étions déjà en route vers l'hôpital pour le replacement.

Lors de cette troisième FIV, nous avons su le lendemain de la ponction que huit embryons s'étaient formés. Le matin du replacement, il y a un an, nous savions bien que rien n'était encore gagné mais nous étions confiants : sur les huit embryons qui avaient émergé la veille, il y en aurait bien au moins un qui aurait tenu jusqu'à l'heure fatidique du replacement. Et puis on nous a annoncé qu'il y avait deux embryons qui étaient vraiment bien formés, "au-dessus du lot". Je me souviens très bien des images qu'on nous a présentées : deux amas de quatre cellules, joliment dessinées, régulièrement formées. Je ne sais pas qui était qui mais c'étaient déjà eux.

Il y a un an, c'est l'espoir de devenir maman de jumeaux que l'on a replacé en moi avec ces deux embryons.

On a signé les papiers autorisant le replacement de deux embryons et on est repartis le coeur allégé par l'espoir et alourdi par la crainte d'un nouvel échec.

Voilà, chez nous, c'est comme ça qu'on fait les bébés : on n'a pas besoin de faire de câlins, il suffit d'obéir aux sages-femmes, d'être gentil avec les médecins, de signer des papiers et d'attendre. Et peut-être devrons-nous en repasser par là puisque les six autres embryons de cette troisième FIV n'ont finalement pas pu être congelés.

 

Ce replacement ne devrait être qu'un bon souvenir. C'en est un, mais il a un goût amer, celui que prennent les choses quand on sait que l'histoire ne se finit pas bien, quand on sait qu'il n'y a pas vraiment de happy end. Bien sûr, Gaspard est là, en pleine forme et en bonne santé, pour notre plus grande joie mais je ne peux pas dire que l'histoire se soit bien finie. Ce souvenir n'a pas la saveur des évènements dont on sait qu'ils resteront teintés d'une joie pure. Ce replacement, c'est un peu comme le sommet d'une montagne : aujourd'hui, quand je pense à ce 30 janvier 2013, je me vois tout en haut de la montagne mais je vois aussi la pente vertigineuse à laquelle je tourne encore le dos.

Précipice

28 janvier 2014

Il y a un an

Il y a un an, nous étions remplis d'espoir, d'appréhension et d'impatience.
Il y a un an, notre plus grande crainte était que cette troisième tentative échoue elle aussi.
Il y a un an, nous étions sur le point de voir la plus belle et la plus triste des aventures débuter.
Il y a un an, deux moitiés d'Élise et deux moitiés de Gaspard allaient bientôt se rencontrer.

Pendant la grossesse, je me disais que j'aurais préféré ne jamais tomber enceinte, ne jamais devenir mère plutôt que de vivre ce que nous vivions et ce que nous nous apprêtions à vivre.
Aujourd'hui, je ne sais pas.
Je ne sais pas si la joie de connaître Gaspard vaut le drame de ne pas connaître Élise. Je trouve que le prix du bonheur - si ce mot a encore un sens - est vraiment très élevé... trop élevé...

Bonheur

23 janvier 2014

Quatre mois

Samedi, ça a fait quatre mois que le cœur d'Élise s'est arrêté.

Dimanche, ça a fait quatre mois qu'Élise et Gaspard sont arrivés sur terre.

Aujourd'hui, ça fait quatre mois qu'Élise s'amuse avec ses copines les taupes.

4

Je n'en parlerai pas tous les mois. Je n'en parlerai pas le 18, le 19 et le 23 de chaque mois. Mais ça ne veut pas dire que je n'y pense pas.

Posté par Tannabelle à 21:43 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05 janvier 2014

La tête dans les étoiles

Beaucoup de parents désenfantés s'appellent eux-mêmes des "paranges", des "mamanges", des "papanges". Cette symbolique de l'ange ne nous parle pas.
Pour nous, Élise est une étoile filante et Gaspard est une étoile.

Sans vraiment le chercher (peut-être un peu quand même inconsciemment), nous sommes attirés par les étoiles... Sans refaire notre intérieur, nous saupoudrons notre vie de quelques poussières d'étoiles...

Étoile filante étoiles

Posté par Tannabelle à 10:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

01 janvier 2014

"Joyeux Noël et bonne année !"

"Joyeux Noël !" -  "Bonne année !"... Quatre mots, deux vœux que j'appréhendais... Les fêtes ont été compliquées, mon cœur était lourd, les larmes ont coulé et, même si j'ai été heureuse de les passer avec les personnes qui comptent le plus pour moi, je suis soulagée qu'elles soient maintenant derrière nous.

Pour 2013, nous espérions devenir parents. Nous le sommes... à quel prix ! Alors pour 2014, je ne nous souhaite rien. Rien d'autre que de trouver la force de donner à Gaspard la chance de s'épanouir. Rien d'autre que de perpétuer, inlassablement, la chimérique existence d'Élise. Rien d'autre que de continuer à être les parents "à part" que nous sommes devenus, puisque mon vœu le plus cher ne sera jamais exaucé.

 

Aujourd'hui, pour fêter la nouvelle année, la newsletter d'Etam m'a proposé de "revivre tous les moments forts de 2013". Si ça ne les ennuie pas, je vais passer mon tour.

Aujourd'hui, quelqu'un de notre famille qui connaît notre histoire nous a souhaité une année 2014 "aussi bonne que 2013". C'était un de ces sms standard envoyés à tout le monde pour faire court, efficace et impersonnel. Dans la plupart des cas, ça passe. Dans la plupart des cas...

Posté par Tannabelle à 22:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,