14 mars 2014

Rien qu'à elle

Comme après chaque groupe de paroles, j'ai du mal à "redescendre". Ces deux heures passent trop vite, je voudrais parler encore et encore, écouter encore et encore. Parce que ces deux heures n'appartiennent qu'à Élise. Je n'ai pas honte - je n'ai plus honte - de le dire : je n'ai pas pensé à Gaspard pendant ces deux heures. Enfin, si. J'ai pensé à lui parce que j'ai parlé de lui par rapport à Élise et par rapport à mon cheminement, mais je n'ai pas pensé à lui à l'instant T, je ne me suis pas demandé ce qu'il faisait ou s'il avait bien mangé. D'ordinaire, c'est Gaspard qui me fait "oublier" Élise ou plutôt qui monopolise mon attention et mes pensées au détriment de sa sœur alors j'aime bien quand c'est l'inverse qui se produit.

Et puis il y a ces petites choses que je n'ai pas eu le temps ou l'occasion de dire et qui me trottent dans la tête parce que j'avais envie de les dire.

J'aurais voulu dire que nous avons récupéré de nouvelles photos d'Élise et que ça nous (a) fait beaucoup de bien. Des souvenirs en plus, tout simplement.

J'aurais voulu dire que cette après-midi j'ai déposé le double du livre d'Élise dans le coffre que nous avons loué exprès à la banque.

Et j'aurais voulu dire que, mardi soir, j'ai participé à mon premier concert depuis ma reprise de la musique et que j'ai été fière et heureuse de jouer pour ma fille, en son honneur, avec ma copine altiste qui est tellement à mon écoute, deux morceaux qui veulent dire beaucoup, par leur titre ou par leurs paroles : Lettre à Élise et Somewhere over the rainbow.

Arc-en-ciel


11 mars 2014

Décision

La décision de l'ISG est, je crois, la pire décision que j'aurai - nous aurons - à prendre de ma - notre - vie.

La pire, parce qu'il n'y a rien de plus puissant que d'avoir le pouvoir - et le droit - de vie ou de mort sur un être vivant, sur un être humain.
La pire, parce que la conséquence de cette décision est que ma fille est morte.
La pire, parce que cette décision est irrémédiable, définitive, irrévocable, éternelle, irréparable.
La pire, parce que je me dis souvent que rien ne peut être pire que son absence, que même la vie qu'elle et nous aurions eue valait plus que son absence.
La pire, parce que je me dis souvent que ce n'est pas pour elle que nous avons pris cette décision, mais pour nous. Pour préserver notre petite vie tranquille. Pour épargner notre confort bien douillet. Pour nous éviter un quotidien pénible.

Je lis et entends souvent que tels ou tels parents qui ont choisi l'IMG pour leur enfant l'ont fait pour lui, parce qu'ils préféraient souffrir à la place de leur enfant. Je n'arrive pas à y croire totalement dans mon cas. Il y avait trop d'incertitudes - même si les certitudes que nous avions étaient effrayantes - pour que notre décision ait été guidée uniquement par notre amour de parents.

À d'autres moments, je me dis que c'est aussi ça être parents et avoir "charge d'âme" : prendre des décisions dans l'intérêt de son enfant, de la fratrie, des parents, de la famille.

Réflexion

01 mars 2014

Dolorosae

Parmi ce qui me plaît dans le fait de tenir ce blog, il y a ces messages que je reçois de temps à autre de la part de mamans, qui ont besoin d'échanger sur ce qui nous rapproche, qui souhaitent simplement me témoigner leur affection, qui désirent me faire partager un bout de leur vie en écho à la mienne.

C'est grâce à l'une d'entre elles que j'ai découvert ce poème de Victor Hugo. <3

Dolorosae

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ;
Et depuis, moi le père et vous la femme forte,
Nous n'avons pas été, Dieu le sait, un seul jour
Sans parfumer son nom de prière et d'amour.
Nous avons pris la sombre et charmante habitude
De voir son ombre vivre en notre solitude,
De la sentir passer et de l'entendre errer,
Et nous sommes restés à genoux à pleurer.
Nous avons persisté dans cette douleur douce,
Et nous vivons penchés sur ce cher nid de mousse
Emporté dans l'orage avec les deux oiseaux.
Mère, nous n'avons pas plié, quoique roseaux,
Ni perdu la bonté vis-à-vis l'un de l'autre,
Ni demandé la fin de mon deuil et du vôtre
À cette lâcheté qu'on appelle l'oubli.
Oui, depuis ce jour triste où pour nous ont pâli
Les cieux, les champs, les fleurs, l'étoile, l'aube pure,
Et toutes les splendeurs de la sombre nature,
Avec les trois enfants qui nous restent, trésor
De courage et d'amour que Dieu nous laisse encor,
Nous avons essuyé des fortunes diverses,
Ce qu'on nomme malheur, adversité, traverses,
Sans trembler, sans fléchir, sans haïr les écueils,
Donnant aux deuils du cœur, à l'absence, aux cercueils,
Aux souffrances dont saigne ou l'âme ou la famille,
Aux êtres chers enfuis ou morts, à notre fille,
Aux vieux parents repris par un monde meilleur,
Nos pleurs, et le sourire à toute autre douleur.

Victor Hugo

Cette douceur mêlée de douleur me parle.
Pour l'instant, rien ne peut se poser sur ma douleur, la blessure est encore trop à vif... Mais j'espère qu'un jour ma douleur sera recouverte de ce même voile de douceur et de tendresse.

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25 février 2014

Souvenirs

Les souvenirs d'Élise sont peu nombreux mais ils existent. Il y a les sensations de la grossesse, les chansons qui ont bercé Élise dans mon ventre, les trop rares photos que nous avons d'elle... tout ce qui constitue les seuls souvenirs de notre vie partagée.

 

Les sensations de la grossesse, tantôt furtives, tantôt appuyées.
Mais toujours teintées d'amertume parce que les grumeaux ne se sont fait sentir qu'après ce fameux 24 mai.
Élise n'a commencé à exister en tant qu'Élise que le jour où nous avons appris qu'elle n'allait pas bien...

 

Les chansons sont de vrais retours en arrière, comme si on rembobinait le film.
Dimanche encore, lorsque nous écoutions le CD d'Élise - dont nous avons offert un exemplaire à nos parents, frères et belle-soeur à Noël - en rentrant d'un week-end dans le nord, chaque chanson m'a fait repartir en arrière de quelques semaines ou quelques mois... Parmi les plus symboliques, il y a :

  • A toi de Joe Dassin - Nous sommes le samedi 25 mai après-midi. Hier, nous avons appris qu'Élise ne va pas bien. La radio est allumée et réglée sur Nostalgie. Les premières notes d'une chanson qui nous est déjà chère, à mon mari et moi, retentissent. Et soudain, certaines paroles prennent un autre sens : A la vie, à l’amour / A nos nuits, à nos jours / A l’éternel retour de la chance / A l’enfant qui viendra / Qui nous ressemblera / Qui sera à la fois toi et moi
  • T'es beau de Pauline Croze et reprise par Sophie-Tith - Nous sommes le mardi 18 juin dans la soirée. Plus tôt dans la journée, nous avons passé une nouvelle échographie qui a révélé l'aggravation de la dilatation d'Élise et à l'issue de laquelle l'éventualité de l'interruption de grossesse a été évoquée clairement. Mon homme est au concert de Leonard Cohen à Bercy. Je devais y assister aussi mais, compte tenu de la tournure qu'a prise la grossesse et des frayeurs du début liées à ce fichu hématome, je préfère limiter les longs trajets. Je passe donc la soirée chez mon frère et ma belle-soeur. Nous parlons de la décision que nous allons probablement devoir prendre si les choses continuent à évoluer dans ce sens. Je parle de mon mari, pour qui la décision semble plus facile à prendre, mais pas moins douloureuse pour autant. Je parle de cette chanson, qui me fait penser à lui, à son courage, à son envie d'être heureux : T'es beau / T'es beau parce que t'es courageux / De regarder dans le fond des yeux / Celui qui te défie d'être heureux / T'es beau / T'es beau comme un cri silencieux / Vaillant comme un métal précieux / Qui se bat pour guérir de ses bleus
  • Les petits pieds de Léa de Céline Dion - Nous sommes le jeudi 6 juin. Presque deux semaines auparavant, notre monde s'est effondré. Avant-hier, nous avons passé une amniocentèse. Je commence à comprendre que cette grossesse ne sera pas celle que nous espérions. Je commence à réaliser qu'Élise pourrait ne jamais voir le jour. Alors je cherche des infos sur ce dont elle souffre. Je cherche des textes et des chansons sur la perte d'un bébé. Et je tombe sur cette berceuse interprétée par une artiste connue et reconnue. Et je me dis que, même si l'artiste peut ne pas plaire, la femme qui a su mettre en lumière le deuil périnatal ne peut laisser indifférent.
  • Le souvenir de ce jour de Jenifer - Nous sommes dans la nuit du mercredi 18 septembre au jeudi 19 septembre. Nous vivons les plus beaux moments de notre vie. Joyeux et tristes à la fois, mais beaux. Parce que nous rencontrons nos enfants. Qu'importe que seul l'un d'entre eux dormira avec nous cette nuit. Qu'importe que l'une d'entre eux n'ouvrira jamais ses yeux. Qu'importe que cette rencontre ne dure qu'un instant. Cette rencontre a lieu et rien d'autre ne compte : Le souvenir de ce jour vaut plus que tout
  • Adagio for strings de Samuel Barber et Sois tranquille d'Emmanuel Moire - Nous sommes le 23 septembre. Nous sommes au cimetière ; le soleil nous éblouit et nous réchauffe. Nous sommes en train de dire adieu à Élise. Les mots de l'officier des pompes funèbres se posent sur l'adagio de Barber. Puis vient le moment où le cercueil d'Élise rejoint le fond de ce trou bien trop grand pour elle. Sois tranquille, entend-on alors. Qui dit ça ? Est-ce Élise qui cherche à m'apaiser et à me rassurer ? Ce n'est pas à elle de me consoler. C'était à moi de la consoler, de sécher ses larmes...

Voilà. Je n'ai pas listé toutes les chansons, il y aurait trop de souvenirs et d'émotions à raconter. Mais quand j'ai besoin ou envie de passer du temps avec Élise, il me suffit d'écouter ce disque. C'est un concentré de madeleines de Proust, le goût sucré en moins...

 

Certaines images sont gravées en moi ; d'autres ont besoin d'un "support" pour être ravivées.
C'est en cela que les photographies d'Élise sont précieuses. Tellement précieuses qu'elles se trouvent sur notre appareil-photo, sur notre ordinateur, sur notre disque dur externe, sur un espace de stockage en ligne, dans nos mails, sur notre tablette.
C'est en cela que le "livre d'Élise", que nous avons constitué à partir des seules photographies que nous avons d'elle, est précieux. Tellement précieux que nous en avons fait faire un double pour le déposer dans un coffre à la banque que nous avons ouvert exprès à cette intention.
Parce que perdre ces photographies, ce serait perdre Élise une nouvelle fois.

 

Ce sont là nos seuls souvenirs. Nous pouvons faire semblant mais jamais nous ne pourrons en créer de nouveaux.

Faire semblant, faire comme si.
Faire comme si nous rencontrions à nouveau Élise grâce à la photographie prise par la sage-femme juste après la naissance et que la psychologue devrait nous montrer pour la première fois et nous donner ensuite, lors de notre rendez-vous de jeudi prochain.
Faire comme si nous découvrions d'autres images d'Élise en demandant à une dessinatrice de la représenter à partir d'une photographie.
Faire comme si nous vivions de nouveaux instants avec Élise en demandant à cette même dessinatrice de représenter Élise et Gaspard endormis ensemble.
Faire comme si nous pouvions fabriquer de nouveaux souvenirs d'Élise, de nouveaux souvenirs avec Élise.

 

Dans souvenir, on entend presque avenir. Et ces souvenirs, parmi les plus précieux de ma vie, berceront mon avenir.

quelques souvenirs d'elle
pour un avenir sans elle

Souvenirs 

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03 février 2014

Administrations

Le dédale administratif relatif à la naissance sans vie de son enfant a de quoi en déboussoler plus d'un... Même si je comprends la plupart de ces règles, cette confusion n'aide pas à déterminer la place de son enfant, que ce soit dans sa tête, dans son corps, dans sa famille ou dans la société.

 

Pour le versement de la prime de naissance, Élise compte parce que l'accouchement a eu lieu après le premier jour du mois civil qui suit le cinquième mois de grossesse.

Pour le versement des allocations familiales et l'éligibilité à un congé parental de trois ans, Élise ne compte pas parce qu'elle n'est pas "à notre charge", ce que je comprends parfaitement.

Pour l'inscription à l'état civil, Élise compte à moitié parce qu'elle est née sans vie mais après 15 SA; elle ne figure donc que dans la section "Décès" de notre livret de famille et Gaspard est donc considéré comme notre deuxième enfant.

Pour la sécurité sociale, Élise compte parce qu'elle est née sans vie mais viable, c'est-à-dire après 22 SA et avec un poids supérieur à 500 grammes ; j'ai donc droit à un congé post-natal pour jumeaux et la durée de mon prochain congé maternité sera calculée sur la base de deux premiers enfants viables.

Pour les impôts, Élise compte provisoirement. Elle a le droit de figurer sur notre déclaration de revenus pour l'année 2013. Mais elle ne figurera pas sur notre déclaration de revenus pour l'année 2014, ni pour toutes les années suivantes.

Enfants nés sans vie et impôts

Pour le calcul de la retraite, Élise compte en partie ; j'aurai donc droit à la prise en compte d'un trimestre d'assurance pour la naissance - même sans vie - d'Élise.

 

Et si je dois remplir un jour une feuille de soins pour Gaspard, je mets quoi dans cette case ?

Feuille de soins

 


30 janvier 2014

En haut de la montagne

Depuis les fêtes, le moral n'est pas très haut mais ces derniers temps, il l'était encore moins sans que je m'explique vraiment pourquoi. Et puis j'ai compris. J'ai compris que c'est parce que l'on s'approche de tous ces "il y a un an". J'ai souvent lu que la première année après la perte de son bébé est la plus difficile parce que c'est la première fois que l'on repasse par toutes "ses" dates... Je crois que c'est vrai. Je vous dirai ça dans un an.

En attendant, il ne faut pas m'en vouloir si je vous parle beaucoup de 2013. En 2014, ce sera la première fois depuis la grossesse et depuis le décès d'Élise que je repasserai par toutes les dates qui ont marqué 2013, que je revivrai le changement de saison, que je repenserai aux étapes de la grossesse.

 

Aujourd'hui, nous sommes le 30 janvier 2014.

 

Il y a un an, débutait pour de vrai ma première grossesse. Ironie de la vie : aujourd'hui, nous nous rendons à nouveau à l'hôpital pour participer à une rencontre "parents-bébés" organisée par la sage-femme qui nous a préparés à la naissance. Une façon de boucler la boucle, diront certains.

Nous aurions pu choisir de ne pas y aller, pour ne pas affronter ces couples, ces mamans à qui nous n'avions rien dit pendant la grossesse. Mais, depuis le début, nous nous efforçons de vivre comme si Élise était là aussi, de faire les choses qu'on aurait faites s'ils avaient été là tous les deux. Nous n'avons pas honte de notre fille alors pourquoi la cacher ? Et puis c'est aussi une façon de la faire exister et reconnaître, une motivation sans faille pour continuer à avancer.

Aujourd'hui, nous allons donc présenter Gaspard et Élise. Pour Gaspard, c'est son sac à langer que je prépare ; pour Élise, c'est son livre. Une seule différence mais quelle différence...

 

Il y a un an, nous étions au comble de l'impatience, de l'espoir, de l'excitation. C'était le jour du "replacement", comme on dit : le replacement du ou des embryons qui se seraient formés suite à la fécondation in vitro réalisée deux jours plus tôt.

Lors de la première FIV, en décembre 2011, un seul embryon s'était formé ; il avait pu être replacé mais n'avait pas tenu.

Lors de la deuxième FIV, en juin 2012, aucun embryon ne s'était suffisamment formé pour pouvoir être replacé. Mais ça, nous ne l'avions su qu'au dernier moment, alors que nous étions déjà en route vers l'hôpital pour le replacement.

Lors de cette troisième FIV, nous avons su le lendemain de la ponction que huit embryons s'étaient formés. Le matin du replacement, il y a un an, nous savions bien que rien n'était encore gagné mais nous étions confiants : sur les huit embryons qui avaient émergé la veille, il y en aurait bien au moins un qui aurait tenu jusqu'à l'heure fatidique du replacement. Et puis on nous a annoncé qu'il y avait deux embryons qui étaient vraiment bien formés, "au-dessus du lot". Je me souviens très bien des images qu'on nous a présentées : deux amas de quatre cellules, joliment dessinées, régulièrement formées. Je ne sais pas qui était qui mais c'étaient déjà eux.

Il y a un an, c'est l'espoir de devenir maman de jumeaux que l'on a replacé en moi avec ces deux embryons.

On a signé les papiers autorisant le replacement de deux embryons et on est repartis le coeur allégé par l'espoir et alourdi par la crainte d'un nouvel échec.

Voilà, chez nous, c'est comme ça qu'on fait les bébés : on n'a pas besoin de faire de câlins, il suffit d'obéir aux sages-femmes, d'être gentil avec les médecins, de signer des papiers et d'attendre. Et peut-être devrons-nous en repasser par là puisque les six autres embryons de cette troisième FIV n'ont finalement pas pu être congelés.

 

Ce replacement ne devrait être qu'un bon souvenir. C'en est un, mais il a un goût amer, celui que prennent les choses quand on sait que l'histoire ne se finit pas bien, quand on sait qu'il n'y a pas vraiment de happy end. Bien sûr, Gaspard est là, en pleine forme et en bonne santé, pour notre plus grande joie mais je ne peux pas dire que l'histoire se soit bien finie. Ce souvenir n'a pas la saveur des évènements dont on sait qu'ils resteront teintés d'une joie pure. Ce replacement, c'est un peu comme le sommet d'une montagne : aujourd'hui, quand je pense à ce 30 janvier 2013, je me vois tout en haut de la montagne mais je vois aussi la pente vertigineuse à laquelle je tourne encore le dos.

Précipice

28 janvier 2014

Il y a un an

Il y a un an, nous étions remplis d'espoir, d'appréhension et d'impatience.
Il y a un an, notre plus grande crainte était que cette troisième tentative échoue elle aussi.
Il y a un an, nous étions sur le point de voir la plus belle et la plus triste des aventures débuter.
Il y a un an, deux moitiés d'Élise et deux moitiés de Gaspard allaient bientôt se rencontrer.

Pendant la grossesse, je me disais que j'aurais préféré ne jamais tomber enceinte, ne jamais devenir mère plutôt que de vivre ce que nous vivions et ce que nous nous apprêtions à vivre.
Aujourd'hui, je ne sais pas.
Je ne sais pas si la joie de connaître Gaspard vaut le drame de ne pas connaître Élise. Je trouve que le prix du bonheur - si ce mot a encore un sens - est vraiment très élevé... trop élevé...

Bonheur

23 janvier 2014

Quatre mois

Samedi, ça a fait quatre mois que le cœur d'Élise s'est arrêté.

Dimanche, ça a fait quatre mois qu'Élise et Gaspard sont arrivés sur terre.

Aujourd'hui, ça fait quatre mois qu'Élise s'amuse avec ses copines les taupes.

4

Je n'en parlerai pas tous les mois. Je n'en parlerai pas le 18, le 19 et le 23 de chaque mois. Mais ça ne veut pas dire que je n'y pense pas.

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21 janvier 2014

La parenthèse inattendue

Mercredi dernier, le 15 janvier, La parenthèse inattendue de Frédéric Lopez accueillait, entre autres, Grégoire, l'auteur et interprète de la chanson Ta main, qu'il a écrite en pensant à ses frères décédés et que j'écoute en pensant à Élise. J'étais sûre qu'il parlerait de ses frères à l'occasion de la séquence "Retour en enfance" dans le grenier, je ne voulais pas le louper...

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12 janvier 2014

Déception

Nous avons passé le week-end en famille, avec des proches qui n'avaient jamais rencontré Gaspard ni vu Élise.

Tout le week-end, j'ai attendu, espéré, guetté une ouverture pour parler d'Élise. Nous avons finalement "forcé" les choses ce midi en leur proposant de voir l'album que nous avons fait des seules photos que nous avons d'Élise, ce que nous appelons "le livre d'Élise". Ils ont regardé, silencieusement, poliment, pour nous faire plaisir. Et ça s'est arrêté là. Dans la seconde qui a suivi, ils ont relancé la conversation sur la balade que nous avions faite le matin même.

Aucune question sur elle, aucune sollicitude, aucune compassion, aucune empathie, aucune interrogation sur notre santé et notre moral. Aucune prise de conscience. Rien que de l'indifférence.

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