02 mai 2014

Centenaire

Tout à l'heure, j'ai entendu à la radio qu'un enfant sur deux qui naît aujourd'hui sera centenaire.

Si nous croyons ces statistiques prévisionnistes et puisque nous sommes sûrs qu'Élise ne sera pas centenaire, Gaspard aura toutes les chances de l'être, lui.

Pourvu que sa vie soit belle, alors.

Centenaire

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Coquillages

Et voilà, nous avons trouvé le vase qu'il fallait pour rassembler et poser sur sa tombe les cailloux et coquillages que nous avons ramassés pour Élise, avec un couvercle pour éviter que l'eau et les saletés ne s'y accumulent, du sable de la commune où elle est enterrée et des gravillons aux couleurs des grumeaux.

Vase  Tombe

Élise  Plaque et vase

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25 avril 2014

29 ans

En 1985, un jour comme aujourd'hui, je pointais le bout de mon nez - à l'heure du goûter, ce qui explique bien des choses d'ailleurs.

En 1999, un jour comme aujourd'hui, mon grand-père que j'aimais tant ne trouvait rien de mieux à faire que de s'éteindre. 15 ans. Déjà.

En 2013, un jour comme aujourd'hui, j'avais le ventre alourdi par l'amour, l'espoir et la promesse d'un bel avenir ; j'avais le coeur impatient de vieillir d'un an.

En 2014, aujourd'hui, je penserai à mon grand-père et j'irai sur la tombe de ma fille.

Joyeux anniversaire !

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23 avril 2014

Bonne nouvelle, mais...

La semaine dernière, nous avons appris, au milieu des torrents de larmes qui ont coulé, une bonne nouvelle : notre demande de place en crèche pour Gaspard pour septembre a été acceptée. Notre patience aura fini par payer : notre première demande, lorsqu'il était encore question de mettre Élise et Gaspard à la crèche, remontait à mars 2013 !

La directrice, que je dois rencontrer début mai pour finaliser l'inscription, m'a fait la liste des documents à lui fournir lors de notre entretien, parmi lesquels un certificat d'aptitude à la vie en collectivité. N'ayant pas envie de perdre mon temps chez le pédiatre ou chez notre médecin traitant, j'ai pris RDV avec la médecin de la PMI, que j'ai rencontrée pour la première fois ce matin.

Évidemment, elle m'a demandé comment s'était passée la grossesse.
Évidemment, j'ai pleuré en lui expliquant en quelques phrases.
Évidemment.
Pas si évident que ça, apparemment, car mes larmes l'ont visiblement étonnée : "Ça fait quand même sept mois."

Je ne savais pas qu'on avait un certain délai pour pleurer son enfant.
Je ne savais pas qu'on n'avait que quelques semaines pour aller mieux.
La mère d'une amie et la tante de mon mari pleurent encore leurs tout-petits. Et pourtant ça fait quand même 25 ans pour l'une, 35 ans pour l'autre.
Excusez-moi de ne toujours pas être capable de raconter en souriant que j'ai tué ma fille.

Voilà ce que j'aurais voulu lui répondre. À la place, je me suis contentée d'essuyer mes larmes et de prendre les coordonnées d'une psychiatre qu'elle me recommande.

Larme

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17 avril 2014

2 - 7 - 29 - 35

Cela faisait déjà un moment que le moral n'allait pas si mal, ça ne pouvait pas durer éternellement !

Depuis quelques jours, ça ne va plus. Plus du tout, même. Des "évènements" qui s'accumulent, des dates qui approchent inexorablement.

Je suis une fille, je tiens un blog de fille, je peux donc parler de trucs de filles : mes règles sont revenues hier. C'est la première fois depuis mon retour de couches le 9 mars et pour moi, en plus de l'effet des hormones sur mes glandes lacrymales, ça veut dire plusieurs choses :

  • nos tentatives de conception naturelle ont échoué (oui, nous croyons malgré tout à une nouvelle grossesse sans passer par la case CHU - on nous a tellement rabâché que tout était possible après une FIV) ;
  • mes règles, qui portent si mal leur nom, ne sont pas devenues régulières malgré la grossesse (oui, je nourrissais cet espoir secret) ;
  • puisqu'elles ne sont pas régulières, ça va être compliqué de cibler le moment pour maximimer nos chances de conception naturelle.

À côté de ça, il y a les sept mois des grumeaux qui approchent.
Sept mois demain qu'Élise est morte. Et elle est toujours aussi morte.
Sept mois après-demain qu'Élise et Gaspard sont nés. Et Élise est toujours aussi absente.

Et puis il y a mon anniversaire la semaine prochaine et celui de mon homme le mois prochain.
Impossible de ne pas repenser à ces mêmes dates en 2013. Elles étaient tombées pile dans la "bonne période" de la grossesse, entre la presque-fin des problèmes du début et ce jour maudit où tout a commencé à basculer, lentement mais sûrement. Tout allait encore bien. On les avait fêtés le cœur léger, en pensant que l'année suivante, on les fêterait à quatre.
Et maintenant nous sommes "l'année suivante" et nous ne sommes pas quatre.

Et comme souvent dans les moments où ça ne va pas, j'ai mon côté maso qui ressort. Alors j'ai décidé de faire notre déclaration de revenus en ligne.
Je sais bien que cela signifie déclarer Élise et Gaspard pour 2013 tout en sachant qu'Élise ne sera plus là pour 2014. Mais c'est toujours différent de le savoir et de le voir. Comme ce "2" si provisoire, si éphémère me fait mal au cœur...

Foyer fiscal

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14 avril 2014

Une jolie robe

Vendredi dernier, je suis sortie prendre un verre en terrasse avec une amie. Avec le soleil qu'il faisait, je me suis fait la réflexion qu'il fallait que je protège la tête de Gaspard. Nous avons donc fait un crochet dans une boutique pour enfants pour y trouver une casquette ou un bob.

J'ai trouvé ce que je cherchais pour Gaspard - et même plus. Je me suis en effet fait plaisir pour cet été car, depuis sa naissance, nous n'avons choisi nous-mêmes que quelques pyjamas et paires de chaussettes : tout ce qu'il porte vient de dons, prêts ou cadeaux !

Quand je me retrouve dans ce genre d'endroit, je prends par ailleurs toujours le soin d'éviter les rayons "petite fille" - c'est encore trop douloureux - mais la boutique était trop petite pour que je ne remarque pas cette jolie petite robe dans laquelle je t'imaginais si bien...

Robe marguerites

Depuis que tu n'es plus là (as-tu seulement été vraiment là ?), je me suis toujours dit que si quelque chose - un vêtement, un doudou - me plaisait au point de t'imaginer avec, je m'autoriserais à le prendre. Cette robe aurait été la première occasion. Mais je ne l'ai pas fait.
Peut-être parce que je n'étais pas seule.
Peut-être parce que j'ai eu peur que la vendeuse ne me pose des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre.
Peut-être parce que je me suis rendu compte que c'était absurde. Mais ton absence n'est-elle pas ce qu'il y a de plus absurde dans ma vie ?
Peut-être parce que j'ai compris que voir cette robe chez nous, sans petite fille à y glisser, me ferait plus de mal que de bien.

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02 avril 2014

2+1=4

Continuons sur la lancée d'hier avec ce nouveau billet en forme de petite joie.

Aujourd'hui avait lieu la distribution annuelle des sacs pour les poubelles individuelles et les déchets végétaux des habitants de ma commune. Je me suis donc rendue à la mairie pour y récupérer notre lot. Lorsque l'employé de mairie m'a demandé le nombre de personnes vivant au foyer, le nombre de sacs en dépendant, j'ai répondu, puisque je ne savais pas si les enfants et les adultes donnaient droit aux mêmes quantités : "deux adultes et un enfant".

Il a résumé : "donc quatre".

Je l'ai gentiment corrigé avec un immense sourire qu'il n'a pas dû comprendre.
Peu importe.
Le sourire était là.
Élise venait de me faire un clin d'œil.

take-a-smile

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01 avril 2014

Bretagne et coquillages

Dimanche, nous sommes rentrés de Bretagne, où nous avons passé nos premières vacances "en famille".

Forcément, ce "en famille" est chargé de sentiments partagés : le bonheur d'avoir passé une semaine non-stop avec mon mari et mon fils, la douleur à l'idée qu'Élise aurait dû être du voyage, au lieu de ce grand voyage qu'elle a entrepris trop tôt et sans nous... Notre "famille" ne sera jamais vraiment réunie...

Nous avons quand même pu emmener Élise avec nous et la faire voyager, d'une certaine façon.

  • Nous avions emporté son livre. Pour le regarder si nous en avions besoin ou envie - ça n'a pas été le cas - mais surtout pour l'avoir avec nous, tout simplement.
  • Bien que je ne sois pas croyante et que mon mari, pourtant croyant, ait lui-même hésité, nous avons allumé une bougie pour elle dans la cathédrale de Vannes.
  • Nous avons écrit son nom sur la plage de Donnant à Belle-Île-en-Mer et sur la plage de l'île de Berder.

Belle-Île-en-Mer Berder

  • Nous lui avons écrit un mot d'amour sur le livre d'or de l'église de Rochefort-en-Terre.
  • Et puis nous avons ramassé des coquillages et des cailloux à différents endroits que nous avons visités.

Et c'est ce dernier geste qui m'a fait classer ce billet dans la catégorie Petites joies et grands bonheurs : parce que, depuis le temps que je cherchais quoi faire tout au long de ma vie pour elle, nous avons enfin trouvé. De chacune de nos balades, de chacune de nos vacances, mon mari et moi lui rapporterons une petite trace, que nous irons déposer dans un vase transparent sur sa tombe. Et j'en suis heureuse.

Coquillages
À gauche, notre récolte à Belle-Île-en-Mer ; au milieu, à l'Île-aux-Moines ; à droite, à Quiberon.
J'aime particulièrement le tout petit coquillage nacré de l'Île-aux-Moines.

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18 mars 2014

Six mois

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4 344 heures
181 jours
26 semaines
6 mois
1 demi-année
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14 mars 2014

Rien qu'à elle

Comme après chaque groupe de paroles, j'ai du mal à "redescendre". Ces deux heures passent trop vite, je voudrais parler encore et encore, écouter encore et encore. Parce que ces deux heures n'appartiennent qu'à Élise. Je n'ai pas honte - je n'ai plus honte - de le dire : je n'ai pas pensé à Gaspard pendant ces deux heures. Enfin, si. J'ai pensé à lui parce que j'ai parlé de lui par rapport à Élise et par rapport à mon cheminement, mais je n'ai pas pensé à lui à l'instant T, je ne me suis pas demandé ce qu'il faisait ou s'il avait bien mangé. D'ordinaire, c'est Gaspard qui me fait "oublier" Élise ou plutôt qui monopolise mon attention et mes pensées au détriment de sa sœur alors j'aime bien quand c'est l'inverse qui se produit.

Et puis il y a ces petites choses que je n'ai pas eu le temps ou l'occasion de dire et qui me trottent dans la tête parce que j'avais envie de les dire.

J'aurais voulu dire que nous avons récupéré de nouvelles photos d'Élise et que ça nous (a) fait beaucoup de bien. Des souvenirs en plus, tout simplement.

J'aurais voulu dire que cette après-midi j'ai déposé le double du livre d'Élise dans le coffre que nous avons loué exprès à la banque.

Et j'aurais voulu dire que, mardi soir, j'ai participé à mon premier concert depuis ma reprise de la musique et que j'ai été fière et heureuse de jouer pour ma fille, en son honneur, avec ma copine altiste qui est tellement à mon écoute, deux morceaux qui veulent dire beaucoup, par leur titre ou par leurs paroles : Lettre à Élise et Somewhere over the rainbow.

Arc-en-ciel