27 mars 2017

... et trois jours !

Ce soir, Gaspard a choisi un livre autrement plus réjouissant (enfin, pour être tout à fait honnête, je dois vous dire qu'il avait choisi - en première intention - Une chanson pour l'oiseau - en deuxième intention -  le livre qu'il avait lu hier soir avec son père : retoqué à chaque fois, pour différentes raisons facilement compréhensibles !) : Devine combien je t'aime.

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Avant de commencer à lire, je lui souffle : "Tu sais combien je t'aime ? Je t'aime jusqu'à la lune !"

Et lui de rajouter : "Et trois jours !"

Hum... Kamoulox ! ^^

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Tristesse à la pelle

Un soir de la semaine dernière, Gaspard a choisi - pour la première fois, alors que le livre est dans sa bibliothèque depuis plusieurs mois - comme lecture avant de dormir "Une chanson pour l'oiseau", un livre imagé qui parle du deuil à travers la mort d'un oiseau, qui se fait recueillir et offrir une sépulture par des enfants.

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À un moment de l'histoire, les enfants s'en vont creuser eux-mêmes sa tombe dans la forêt. Voulant faire le parallèle avec sa sœur pour l'aider à comprendre, je lui explique que c'est comme pour Élise, qu'elle aussi a une tombe, que c'est justement sur sa tombe que nous allons quand nous nous rendons au cimetière, etc. Et Gaspard de me rétorquer, à la vue de cette page : "moi aussi, j'ai porté la pelle pour Élise !"

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Hum, alors comment te dire Mon Amour, quand la tombe de ta sœur a été creusée, tu avais... 4 jours ! Alors non, tu n'as pas porté la pelle !

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15 février 2017

Un signe ?!

Hier, pour la Saint-Valentin, mon homme m'a offert un test de grossesse.
(En vrai, on ne la fête pas et c'est moi qui le lui ai demandé. Et encore plus en vrai, c'est un résultat positif qui aurait pu être qualifié de cadeau de Saint-Valentin, si on s'en offrait !)

Ledit test de grossesse s'est révélé négatif ce matin : je ne m'avoue pas vaincue, mais plutôt (trop) pressée. Il se pourrait que je l'aie effectué trop tôt, non pas à cause de mes lacunes en mathématiques, mais par impatience... Alors accordons-nous encore un peu de temps avant de sauter de joie ou de déchanter !

D'ici là, je garde espoir et, en plus des signaux que m'envoie mon corps (et que j'interprète selon mon désir, évidemment), je vois des signes partout. Car si Facebook me suggère comme ça, de but en blanc, de m'inscrire à une newsletter intitulée "Hector" et "qui donne envie de faire des enfants", ce n'est tout de même pas par hasard, n'est-ce pas ?! :-D

site Hector

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09 février 2017

Deujans !

Dans moins d'une heure, tu seras né depuis 2 ans. 2 ans ! "Deujans", comme tu dirais !

Je me souviens si bien des heures qui ont précédé ta naissance, ce lundi soir. J'étais tellement impatiente ! Je m'étais mis en tête que tu arriverais en avance - pas trop bien sûr, mais suffisamment pour abréger raisonnablement l'angoisse que mon ventre devienne à nouveau tombeau. Et puis, coquin que tu étais déjà, tu nous as fait mariner jusqu'aux dernières heures de la veille du terme officiel !

Je me souviens de tout. Le bain que j'ai pris le lundi matin pour apaiser les contractions, leur chronométrage, l'appel à la maternité pour me faire confirmer la conduite à tenir, l'excitation en entendant ce "venez nous voir, on va contrôler", l'appel à mon mari, l'appel à ma belle-soeur pour la prévenir qu'on allait déposer Gaspard sous peu, mon mari qui récupère Gaspard à la crèche en rentrant précipitamment du travail, Gaspard que l'on jette chez Tonton et Tata, l'examen à la maternité et ce sésame qu'on nous accorde enfin : "on vous garde".

Quelques heures et quelques frayeurs plus tard, tu étais parmi nous, grâce à Franck - encore lui ! Depuis, après un démarrage compliqué, tu illumines toi aussi notre vie, avec tes habitudes, tes plaisirs et tes clowneries !

Tu adores les tracteurs et les camions, et tu es aux anges quand on voit le camion-toupie garé presque quotidiennement près de la crèche.
Mais ce que tu préfères, ce sont les trains ! Les trains en bois, les trains en plastique, les trains en métal ; les trains qu'il faut faire avancer, les trains motorisés ; les petits trains, les grands trains. Alors que dire du circuit de train électrique de ton Papi ! La première chose à laquelle tu penses quand tu vas là-bas, c'est aller à l'étage pour le faire rouler et le regarder tourner en boucle ! Tu es même devenu expert en manœuvre ferroviaire et en commande de transfo.

Ton langage progresse de jour en jour, tu t'amuses de plus en plus à essayer de prononcer les mots. Ton onomatopée préférée du moment, ce sont deux syllables répétées à l'envi et à toute vitesse : "légâ-légâ-légâ-légâ-légâ" ! Tu sais que ça nous fait rire, mais nous n'en avons pas encore décodé la signification...

Ce que j'aime chez toi, parmi des milliers de choses, c'est :

  • quand tu reviens en courant et les mains sur les yeux en t'exclamant "-umer !" lorsque la pièce où tu voulais te rendre n'est pas éclairée,
  • quand tu marches sur la pointe des pieds en te trémoussant,
  • quand tu repousses systématiquement la couette quand je veux te border, toi qui as toujours trop chaud,
  • quand tu essaies d'imiter le geste de la main des métalleux en courant et sautant dès que tu entends du Metallica ou du Rammstein,
  • quand tu ris à gorge déployée, de ton rire si contagieux - l'un des plus communicatifs que je connaisse,
  • quand tu plisses les yeux et avances le menton lorsque l'on te demande simplement de sourire,
  • quand tu cours à travers la crèche en riant, le soir, pour que je ne puisse pas t'attraper,
  • quand tu réclames "tap tap" pour que je t'aide à enfiler ton pantalon en mode "sac à patate", c'est-à-dire que tu te suspends à mon cou, les jambes dans le vide, et que je remonte ledit pantalon en te secouant les fesses,
  • quand tu te blottis contre moi lorsque ton papa te taquine en t'appelant "le bébé à sa maman",
  • quand tu réfléchis longuement à une question que l'on te pose pour finalement nous donner sempiternellement la même réponse "hmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm... non !",
  • quand tu enlèves ton chausson droit en mangeant - toujours le droit, à chaque repas.

Mais le geste qui me fait fondre, c'est quand je te couche.
Après l'histoire et le câlin, tu t'installes dans ton lit, avec la tétine dans la bouche et Banane, ton doudou-âne, dans les bras.
Je te demande si tu veux faire chanter Lison, une peluche musicale. Tu me réponds invariablement "non".
Je te demande si tu veux mettre la musique du hibou accroché aux barreaux de ton lit. Tu me réponds immanquablement "non".
Je te demande si on se fait un dernier bisou. C'est alors que tu poses la tétine, attrapes ma main et l'embrasses, tantôt sur le dessus, tantôt sur la paume, pour que je dépose ensuite ton bisou sur ma joue...

À ton arrivée, j'ai douté. Aujourd'hui, tu es l'évidence. Je t'aime mon Koala.

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23 novembre 2016

Du neuf avec du vieux

Bon, depuis le temps que je veux vous raconter les petits et grands changements qui se sont produits dans notre vie ces derniers mois, l'heure est enfin venue de le faire, en express, histoire d'éviter le billet-fleuve tout en vous "mettant à jour".

Alors, Hector est arrivé parmi nous le... Ah non, ça vous êtes déjà au courant, mon retard ne remonte pas si loin ! ^^Reprenons depuis le début de l'année alors.

Salariée en tant que chef de projet traduction depuis le début de ma vie professionnelle, j'ai décidé - après de nombreuses années à en avoir envie sans oser me lancer et poussée par "l'effet Élise" - de m'installer en tant que traductrice indépendante. Je dois reconnaître que, de retour au travail après 14 mois cumulés de congé maternité et 5 mois cumulés de congé parental, je ne me sentais pas tout à fait à l'aise dans mes Converse pour demander une rupture conventionnelle (car il était hors de question pour moi de partir sur une démission). Finalement, à force de négociation et de compromis, je l'ai obtenue ; j'ai quitté mon entreprise le 29 février (un jour doublement mémorable du coup !) et ai lancé mon activité libérale courant mars, le 18 précisément comme par hasard - ou pas. Grâce à un gros coup de chance dès le début (merci Delphine !), le démarrage s'est passé (se passe, peut-on sûrement encore dire) encore mieux que ce que j'espérais ! Me voilà donc dans le bain du libéral depuis quelques mois, à ma grande satisfaction, malgré l'URSSAF, le RSI, tout ça, tout ça ! ;-)

Autre changement de taille... Nous avons déménagé ! Pas à l'autre bout de la ville ni dans le bled d'à côté, non, dans notre région d'origine - en bord de mer qui plus est, loin de là où nous avons débuté notre vie d'adultes, notre vie de couple, notre vie de parents, mais près de nos familles respectives. Et je vous jure que ça change la vie !

  • Ne plus avoir à sacrifier un week-end pour voir les parents et pour que les grands-parents et petits-enfants passent du temps ensemble.
  • Ne plus avoir à faire les valises le jeudi soir et les défaire le dimanche soir.
  • Ne plus avoir à faire 2h de route le vendredi soir et 2h le dimanche soir.
  • Pouvoir prévoir des sorties, des activités, des rendez-vous le week-end.
  • Ne pas avoir à concentrer sur 5 jours toutes les tâches et obligations d'une semaine complète.
  • Pouvoir être dépannés au pied levé pour garder les enfants.
  • Pouvoir passer des moments en famille le temps d'un repas ou d'une après-midi.

Bref, même si notre Normandie d'adoption (15 ans pour Monsieur, 11 ans pour moi) nous manque par certains côtés, l'essentiel que nous étions venus chercher "chez nous" est au rendez-vous et nous aide à supporter la période de transition, qui bat toujours son plein.

En bref :

  • Nouveau boulot pour mon mari - toujours dans le même secteur, mais dans une autre boîte forcément et à un poste complètement nouveau pour lui.
  • Nouvelle crèche pour Hector, mais... :
    • Il n'a pu avoir une place que fin octobre (ce qui est déjà une chance énoooooooorme !).
    • Il n'a rien trouvé de mieux que de déclarer la varicelle au bout du 2e jour d'adaptation.
    • Pour couronner le tout, il a enchaîné avec une double otite le jour où il devait reprendre la crèche.
    Résultat : il n'a véritablement démarré que la semaine dernière, ce qui nous a donné de l'air à tous les deux, après six semaines collés aux basques l'un de l'autre !
  • Nouvelle école pour Gaspard - nouvelles écoles, devrais-je dire :
    • Il a démarré dans l'école du secteur (à 4 mn à pieds de chez nous - qui dit mieux ?!) quelques jours après notre emménagement, mais elle ne nous a pas plu (l'accueil, la fréquentation...).
    • Il y est resté 10 jours, avant que n'arrivent les vacances de la Toussaint.
    • Il a donc fait sa rentrée de novembre dans l'école privée près de chez nous (la troisième en deux mois - là encore, qui dit mieux ?!).
    • Et, en grand frère attentionné, il a voulu se montrer solidaire avec Hector en attrapant la varicelle précisément deux semaines après lui.
    Résultat : l'accueil s'est avéré incomparable avec l'autre école, la fréquentation nous correspond davantage et sa maîtresse au doux prénom se montre sur la même longueur d'ondes que nous. Qui dit mieux ?! ;-)

Bilan des courses : nous n'avons pas connu une semaine "normale" (vous savez, de celles qui chantonnent le refrain bien rodé et rassurant "métro-boulot-dodo"), sans déplacement, sans vacances des petits, sans enfant malade, depuis le mois de septembre !

Et au milieu de tout ça, moi qui suis la seule à avoir gardé mes repères quotidiens grâce à mon travail qui n'a rien vu de ce changement d'adresse (mon ordi, une ligne Internet et je peux bosser de n'importe où... de Vladivostok à Nouméa !), je jongle tant bien que mal avec toutes mes casquettes : épouse, mère, traductrice, garde-malade, amie à distance, femme d'intérieur, initiatrice d'un nouveau mode de vie domestique plus sain/écolo/responsable, bénévole pour Nos tout-petits et Souvenange, etc.
Alors, si je me plais à dire qu'une femme est la somme de toutes les femmes qu'il y a en elle, en ce moment, j'ai comme qui dirait l'impression que le portrait n'est pas complet et qu'il en manque au moins une pour que je retrouve un certain équilibre. Mais le temps (et la normalisation des semaines d'école/de crèche) devrait m'y aider !

Pronostics

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20 septembre 2016

Croizans

Hier, tu as eu trois ans. Les circonstances actuelles (beaucoup de changements en cours chez nous, j'y reviendrai dans quelques jours) ne nous ont pas permis de le fêter dignement. Nous ferons mieux dans quelques semaines, quand le calme aura repris du terrain à la tempête.

Toujours est-il que je voulais marquer le coup et faire une sorte de photographie de toi à trois ans.

Ton vocabulaire s'enrichit et ta pensée se complexifie. Tu commences même à faire de l'humour et à nous faire des blagues. C'est un vrai régal de te voir grandir !

En ce moment, ton expression fétiche, c'est "crop chouette !".

Ton amour pour les pompiers se confirme de jour en jour. D'ailleurs, plus tard, comme métier, tu veux faire "camion de pompier" (non non, il n'y a pas de mots en trop).
Cependant, je crois que tu devras affronter un grave dilemme, car depuis nos sorties estivales à des manifestations viking et médiévales et notre visite au Puy du Fou, tu voues une passion aussi nouvelle que solide aux vikings. Depuis lors, les combats sont légion à la maison et les récits des pestac' que tu as vus à différentes occasions enchantent quotidiennement nos oreilles. Nous sommes impressionnés par le niveau de détail que tu as su capter et retenir des spectacles auxquels nous avons assisté au Puy du Fou. Parmi les cinq que nous avons vus, celui sur les vikings et celui sur les chevaliers de la table ronde sont ceux qui t'ont le plus marqué.
Du coup, des flammes sortent régulièrement de ton épée - comme chez les vikings et, contrairement à Lancelot mais comme Arthur, tu parviens à extraire Excalibur du rocher qui l'emprisonne - en réalité, il s'agit d'une épée en bois que tu coinces entre les deux coussins de l'assise du canapé.

La propreté était en cours depuis quelque temps, mais sans résultat probant. Finalement, tout s'est mis en place naturellement cet été, le jour... comme la nuit ! Nous n'en demandions pas tant, mais nous sommes preneurs. (Et la cerise sur le gâteau, c'est que, grâce à l'exemple que tu lui donnes, ton frère de 19 mois a déjà commencé son chemin vers la propreté !)

D'ailleurs, en parlant de lui, ta relation avec Hector se construit de jour en jour. Vous êtes de plus en plus complices, dans les bons coups comme dans les moins bons. Il t'entraîne dans ses bêtises de "bébé", tu l'entraînes dans tes bêtises de "grand" ! Et comme il est moins farouche que toi, si quelque chose t'impressionne ou t'effraie, tu as l'intelligence de l'envoyer au front en éclaireur. ;-)

Pour toi qui avais pourtant hâte d'aller à l'école, les premiers jours ont été un peu difficiles, mais cela semble aller de mieux en mieux.
En tout cas, les menus de la cantine semblent te convenir : d'après toi, le premier midi, c'était "frites-saucisson" !
Aujourd'hui, c'était même le premier jour où nous te déposions sans que tu ne pleures. Dommage que nous nous apprêtions à t'imposer une nouvelle adaptation, dans à peine quelques semaines ! (ça, c'est du teasing ! ;-))

Bref, voilà un petit état des lieux de ta vie de petit bonhomme de trois ans. Et comme je n'ai pas d'image d'illustration sous le coude, je terminerai avec la photo d'un "petit blondinet" à qui tu me fais penser - uniquement physiquement (heureusement, diront les connaisseurs !) :

Joffrey

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01 décembre 2015

Lumière

Il y a des semaines - une éternité, en somme - que je n'ai pas publié ici. Ce ne sont ni l'envie, ni l'inspiration, ni le besoin qui manquent : ce sont le temps et l'énergie qui font défaut. Je ne désespère pas de retrouver prochainement et régulièrement l'occasion de m'épancher ici.

En attendant, j'avais envie de vous rapporter une bribe de la conversation que j'ai eue avec Gaspard ce soir.

Alors que je m´apprêtais à mettre Hector en pyjama dans sa chambre, j'ai demandé à Gaspard :

- Tu veux bien allumer la lumière de Hector, s'il te plaît ?
- Oui !
- Merci, Gaspard !
Il s'est empressé de le faire, avant de se précipiter dans sa chambre et de revenir me voir quasiment aussitôt :
- A'umé ma 'umière aussi moi.
- Tu as allumé ta lumière ?
- Oui.
- Super !
- Est où 'umière à 'Etor ?
- Ben elle est là, tu viens de l'allumer.
- Ah oui. Est où ta 'umière à toi ?
- Elle est où ma lumière ?
- Oui.
- C'est vous ma lumière.
- Ah.

Juste des paroles d'une maman amoureuse de ses enfants, mais cette idée de lumière m'a fait du bien... et m'a rappelé ces paroles de Leonard Cohen que j'aime tant (Leonard Cohen et ces paroles) :

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There is a crack in everything
That's how the light gets in

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19 septembre 2015

Deussan...

... et pas toutes tes dents, mais une langue bien pendue !

D'ailleurs, tu parles de mieux en mieux le français, tout comme nous parlons de mieux en mieux le gaspard : il paraît qu'un jour nous nous rejoindrons dans un langage parfaitement et complètement commun. En attendant, par exemple, quand quelque chose est fermé et te résiste, tu demandes à ce qu'on loul et au milieu de ton ventre, tu as un bribril.

A table, tu adores le momage et les fuits. L’ordre dans lequel on les mange t'importe peu. Si on t’écoutait, je crois même que tu avalerais du Maroilles en même temps qu’une banane, que tu dégusterais du camembert et une pêche à la fois ou que tu engloutirais Chaource et raisin simultanément.

Dans la rue, tu adores les motos, les camions, les tunnels et les klaxons.
Si tu vois à la fois une moto et un camion, tu es aux anges.
Si tu vois une moto et un camion dans un tunnel, tu ne réponds plus de rien.
Si tu vois une moto et un camion dans un tunnel et que tu entends un klaxon, tu es en transe.

Chez les animaux, tu t'extasies devant les cococotiles, les vevals et les vevaux.
Je pense que tu auras un choc le jour où tu comprendras que les vevaux et les vevals, c'est le même animal.

Tu adores imiter le chien en enchaînant 23 aboiements.
Tu adores imiter le chat en plissant les yeux.
Tu adores imiter le singe en t’épouillant la tête.
Tu adores imiter la poule en secouant ton popotin.
Tu adores imiter le canard en te pinçant le nez.
Mais je ne connais personne qui imite le flamant rose comme toi !

Pour obtenir un bisou de toi, il suffit de te dire en souriant « il y a longtemps ».
Au début, il fallait te dire « Il y a longtemps que tu ne m’as pas fait de bisou » mais au bout de quelques fois, tu avançais les lèvres dès les premiers mots. Alors, par fainéantise, nous avons raccourci notre formule de réclamation de bisou !

 

Quand nous te demandons quel âge tu as, tu nous réponds "couss". Nous n'avons toujours pas identifié le vrai mot qui se cache derrière.
Quand nous te redemandons quel âge tu as, tu nous dis "deussan". Ça nous parle déjà plus, mais nous t'avons prévenu : la bonne réponse risque d'évoluer régulièrement.

Alors... joyeux deussan mon Crapaud !

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15 septembre 2015

Vous n'allez pas me croire

Ce matin, au réveil, mon mari et moi avons d'abord ouvert les yeux. Puis nous avons pris conscience de quelque chose. C'est à ce moment-là que plusieurs options se sont offertes à nous.

Nous avons hésité à faire la danse de la joie.
Nous avons envisagé de sortir de la maison en criant "Bip biiiiiiiiiip".
Nous avons projeté d'enchaîner trois saltos chacun.
Nous avons été sur le point de rédiger un discours larmoyant.
Nous avons pensé arriver à la crèche en nous élançant à genoux avec notre t-shirt sur la tête, à la manière d'un joueur de foot qui vient de marquer un but.
Nous avons même failli croire en Dieu !

Au lieu de cela, nous avons joué la carte de la sobriété : nous nous sommes regardés, nous avons souri et nous nous sommes réjouis de l'endormissement rapide (tout de même avec Maman à ses côtés, la main simplement posée sur sa poitrine, à l'endroit où palpite son petit cœur) ET de la nuit sans interruption que nous a offerts Gaspard ! ^^

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14 septembre 2015

Prisme

Gaspard qui rejoignait Morphée si facilement, dormait si paisiblement, se réveillait si tardivement... à part une zone de turbulences inexpliquées en août 2014 et une autre juste avant l'arrivée de Hector !

Voilà plus de trois mois que Gaspard dort mal.
Il se réveille toutes les nuits, voire plusieurs fois par nuit.
Il se rendort parfois seul en quelques instants, mais la plupart du temps il a besoin au moins de notre présence.

Voilà aussi - surtout - trois semaines que Gaspard n'arrive plus à s'endormir seul. Je crois que nous avons tout essayé ou presque.

La veilleuse.
Le faire rire.
L'histoire.
Se fâcher.
La veilleuse à projection orientable.
Jouer.
Le lit sans barreaux.
Lui parler de ses copains Timothée et Hillel.
La lumière de l'escalier allumée.
Lui rappeler les bons moments de sa journée.
La porte ouverte.
Le chatouiller.
La lampe de chevet allumée.
Lui parler de son biberon et de sa tartine au chocolat du lendemain matin.
Le volet pas complètement fermé.
Le rassurer.
La musique.
Chanter.

Rien n'y fait : il ne s'endort qu'avec nous à ses côtés ou dans nos bras.

Notre dernier recours, que dis-je, notre dernier espoir : l'osthéopathie, qu'on nous a conseillée à plusieurs reprises ces derniers jours. J'attends que l'osthéopathe qu'on nous a recommandé me rappelle pour fixer un rendez-vous.

En plus de ce sommeil complètement chamboulé, Gaspard nous semble perturbé à la maison, tandis que résonne toujours le même son de cloche le soir à la crèche : "Bonne journée. Bien mangé. Bien dormi. Bien joué". Et pourtant, chez nous, notre petit bonhomme si facile à vivre jusqu'à présent en vient à "chouiner" pour un oui ou pour un non, à ne réclamer que "Maman, Maman" au point de se débattre dans les bras de son père, à faire des difficultés à manger, à se montrer indifférent ou jaloux envers Hector, à avoir peur de choses qui ne l'effrayaient pas jusqu'à présent, à paniquer face à des situations connues, à sursauter même à des bruits familiers.

Étrangement - ou non (c'est toute la question) - nous sommes entrés dans cette nouvelle zone de turbulences au moment où :

  • Gaspard a repris la crèche après trois semaines de vacances,
  • j'ai repris le travail,
  • Hector a commencé son adaptation à la crèche.

Cela fait donc trois semaines que cela dure, avec un point culminant (sommes-nous sur la pente descendante ?!) la semaine dernière où, par lassitude, découragement, fatigue ou un peu de tout ça, nous l'avons laissé commencer toutes ses nuits avec nous dans le canapé pour les finir dans notre lit.
Là encore, étrangement ou non, ce "pic" coïncide avec le retour en force de mon mal-être par rapport à Élise, à l'approche de leurs deux ans.

Réflexion

Et la frustration qui nous assaille, l'incompréhension qui nous taraude, l'inquiétude qui nous tourmente nous poussent à nous poser des questions. Des questions que nous ne nous poserions pas si Élise n'était pas morte.

Même si nous sommes nécessairement différents des parents que nous aurions été si nous n'avions pas perdu d'enfant, nous essayons d'être ceux que nous voulions être, malgré tout. Nous nous efforçons donc de ne pas tout voir à travers le prisme du décès d'Élise. Il n'empêche...

Je me trouvais ridicule de me poser ces questions-là. Et puis, en échangeant avec mon homme, je me suis rendu compte qu'il se posait les mêmes.

Dans quelle mesure cela est-il "normal" ou lié à Élise ?
Est-ce que Gaspard est perturbé par rapport à Élise ?
Est-ce que c’est à travers ce qu'il ressent, lui ? Ou à travers ce qu’on lui communique - surtout moi - en ce moment ?
Cette période anniversaire est particulière pour nous. L’est-elle aussi pour lui ?
Il nous semble avoir peur de quelque chose le soir. Est-ce du noir ? Est-ce de dormir ? Est-ce d'être abandonné ?
Associe-t-il le sommeil à la mort ?

Le plus frustrant, c'est de le voir aller moins bien qu'avant et de ne pas savoir l'aider.
Le plus culpabilisant, c'est de se dire que, même s'il y a probablement d'autres choses là-dessous et qu'il est probablement trop jeune pour être affecté à ce point par le décès de sa jumelle, notre histoire avec Élise ne doit pas faciliter sa construction...

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