13 janvier 2014

Écrire !

Voici la panoplie de la maman tourmentée : un carnet pour y coucher tout ce qui me passe par la tête et un mini-carnet à glisser dans le sac à main pour pouvoir faire la même chose même en dehors de chez moi !

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12 janvier 2014

Déception

Nous avons passé le week-end en famille, avec des proches qui n'avaient jamais rencontré Gaspard ni vu Élise.

Tout le week-end, j'ai attendu, espéré, guetté une ouverture pour parler d'Élise. Nous avons finalement "forcé" les choses ce midi en leur proposant de voir l'album que nous avons fait des seules photos que nous avons d'Élise, ce que nous appelons "le livre d'Élise". Ils ont regardé, silencieusement, poliment, pour nous faire plaisir. Et ça s'est arrêté là. Dans la seconde qui a suivi, ils ont relancé la conversation sur la balade que nous avions faite le matin même.

Aucune question sur elle, aucune sollicitude, aucune compassion, aucune empathie, aucune interrogation sur notre santé et notre moral. Aucune prise de conscience. Rien que de l'indifférence.

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06 janvier 2014

Un pas en avant, un pas en arrière

Aujourd'hui, je reprends la musique, près d'un an après avoir été contrainte à arrêter provisoirement.
Le lundi, cours individuel d'alto. Le mardi, répétition avec l'orchestre de chambre.

Lorsque j'ai dû mettre la musique sur pause en début de grossesse, je m'étais dit que je reprendrais peut-être en janvier 2014. Depuis l'accouchement, je ne m'étais pas projetée dans la reprise de cette activité mais avoir assisté, fin novembre, à un concert d'altistes auquel je devais participer initialement m'a redonné envie.

Me voilà donc sur le point de faire un pas vers la reprise de ma vie d'avant - avant la grossesse, avant la naissance des grumeaux.
Me voilà aussi sur le point de faire un pas dans ma vie d'après - après le décès d'Élise.

Mes sentiments sont partagés.
En reprenant la musique, je replonge quelques mois en arrière, je repense à ce dernier concert joué le 13 février 2013, le jour même où j'ai appris que j'étais enceinte.
En reprenant la musique, je me dis aussi que j'avance, petit à petit, pas à pas. D'aucuns penseront que ça ne peut me faire que du bien mais ne croyez pas que ce soit facile. En ce moment précis, je n'ai qu'une envie : me terrer chez moi et ne voir personne. Alors je vais devoir me faire violence pour retourner vers ce lieu et ces gens que je n'ai pas fréquentés pendant ma grossesse. C'est une étape de plus, bien moins anodine qu'il n'y paraît.

Quand je pense à Élise, je n'ai pas le goût à tout ça mais quand je pense à Gaspard, je me dis que j'ai envie qu'il ait une maman musicienne et qu'il grandisse dans la musique.

Ce n'est pas que j'aie parcouru un long chemin depuis qu'Élise n'est plus là et que je me dise qu'il est temps de me mettre un coup de pied aux fesses - je n'en suis pas là - mais il faut bien un jour reprendre sa vie là où elle s'est arrêtée...

Mon alto

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01 janvier 2014

"Joyeux Noël et bonne année !"

"Joyeux Noël !" -  "Bonne année !"... Quatre mots, deux vœux que j'appréhendais... Les fêtes ont été compliquées, mon cœur était lourd, les larmes ont coulé et, même si j'ai été heureuse de les passer avec les personnes qui comptent le plus pour moi, je suis soulagée qu'elles soient maintenant derrière nous.

Pour 2013, nous espérions devenir parents. Nous le sommes... à quel prix ! Alors pour 2014, je ne nous souhaite rien. Rien d'autre que de trouver la force de donner à Gaspard la chance de s'épanouir. Rien d'autre que de perpétuer, inlassablement, la chimérique existence d'Élise. Rien d'autre que de continuer à être les parents "à part" que nous sommes devenus, puisque mon vœu le plus cher ne sera jamais exaucé.

 

Aujourd'hui, pour fêter la nouvelle année, la newsletter d'Etam m'a proposé de "revivre tous les moments forts de 2013". Si ça ne les ennuie pas, je vais passer mon tour.

Aujourd'hui, quelqu'un de notre famille qui connaît notre histoire nous a souhaité une année 2014 "aussi bonne que 2013". C'était un de ces sms standard envoyés à tout le monde pour faire court, efficace et impersonnel. Dans la plupart des cas, ça passe. Dans la plupart des cas...

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Pour 2014...

... je fais le vœu que ta tombe soit toujours aussi fleurie...

Tombe 20131229

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31 décembre 2013

2013

Je me revois le 31 décembre 2008, à nous souhaiter, avec enthousiasme, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2009, à nous souhaiter, avec impatience, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2010, à nous souhaiter, avec désillusion, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2011, à nous souhaiter, avec résignation, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2012, à nous souhaiter, avec lassitude, un bébé pour l'année à venir.

Il y a 365 jours, je croyais que notre parcours d'AMP serait l'épreuve la plus difficile sur notre chemin de la parentalité.
Il y a 365 jours, je faisais confiance à la vie.
Il y a 365 jours, je croyais que seul le meilleur, aussi peu pressé fût-il, nous attendait.

Je ne veux pas changer d'année.
Comme si quitter 2013, c'était quitter encore un peu plus Élise, la laisser sur le bord du chemin.
Comme si je laissais Élise dans un autre espace-temps.
Comme si être en 2013, c'était être avec Élise et qu'être en 2014, ce sera s'éloigner d'elle.
Comme si changer d'année me forçait à tourner une page que je ne suis pas prête à tourner.

24 décembre 2013

Le premier

Le premier Noël depuis que vous êtes arrivés sur terre.
Le premier Noël de Gaspard et Élise.
Le premier Noël avec Gaspard.
Le premier Noël sans Élise.

Un jour qui cristallise mon bonheur autant que ma détresse.

Je t'aime Gaspard.

Je t'aime Élise.

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19 décembre 2013

Toutes ces choses que je ne dirai pas...

... parce que ce n'est pas vrai

Tout va bien, Papa Maman te protègent.

Lorsque Gaspard pleure "sans raison" (au chaud, le ventre plein, les fesses propres, etc.) et a besoin d'être rassuré, je n'arrive pas à lui dire qu'il n'a rien à craindre parce que je sais que ce n'est pas vrai. Je sais qu'être parent et aimer son enfant au-delà de tout ne suffit pas. Je ne peux m'empêcher de penser que je n'ai pas su protéger Élise alors pourquoi y arriverais-je davantage avec Gaspard ?...

Mercredi dernier, j'ai été prise de vertiges et de maux de tête soudains et durables. Le médecin qui m'a examinée en fin de matinée a préféré m'envoyer aux urgences pour un bilan complet et une prise en charge adaptée : analyse de sang, perfusion, scanner, consultation en neurologie et en ORL. Les possibles causes les plus fréquentes et les plus graves ont été écartées, on m'a laissée rentrer chez moi en toute fin de soirée en m'assurant que les symptômes disparaitraient très probablement d'eux-mêmes en quelques jours, ce qui s'est confirmé puisque depuis dimanche je suis en aussi "bonne" forme qu'avant mercredi.
Mais ces quelques jours où je n'ai pas pu m'occuper de Gaspard, par manque de force et en raison de l'incompatibilité entre l'allaitement et la perfusion, m'ont un peu ébranlée. Pour presque rien, je ne pouvais plus, sans prendre de risques, tenir Gaspard dans mes bras et le nourrir. Cette frustration m'a un peu plus rappelé que devenir parent, c'est devenir impuissant.


... parce que je n'y crois pas

On me souhaite souvent du courage pour traverser cette épreuve.
Peut-être un jour verrai-je les choses ainsi mais pour l'instant il me paraît inconcevable que je puisse un jour traverser l'épreuve de la perte d'Élise, comme s'il devait y avoir une fin. La fin de cette épreuve ne pourra coïncider qu'avec ma propre fin.


... parce que je n'en aurai pas l'occasion

Extrait du livre "Bébé est mort". Le livre en lui-même est difficile à lire, non par le contenu, mais par l'approche, le style, le niveau d'abstraction et de distanciation. Cet extrait m'a en revanche bouleversée jusqu'aux larmes en verbalisant ce que j'avais au fond de moi sans l'avoir encore exprimé.

La petite fille est morte. Jamais sa mère ne lui dira ce que c'est que d'être enceinte et que d'attendre un bébé. Il n'y eut pas le temps de ces paroles. Voilà ce dont est privée une maman au décès de sa si petite fille : elles ne parleront pas, entre femmes, des choses de la vie des femmes en leur corps. À toutes deux cela aura manqué.

Ce lien si riche, si précieux que ma mère et moi avons créé, jamais je ne pourrai le créer avec Élise.

3 mois

Hier, cela a fait trois mois que ton cœur s'est arrêté...

Ironie du sort, coïncidence, masochisme ? C'est également hier que j'ai trouvé le temps de ranger et classer tous les documents de la grossesse : analyses de sang, échographies, caryotype, étude pangénomique, accouchement, autopsie...

Comme une façon de reprendre l'histoire depuis le début pour un jour tourner cette page, sans jamais refermer le livre, je me suis replongée dans ces documents, un à un.
J'ai à nouveau ressenti chaque émotion, une à une.
J'ai revécu chaque étape, une à une.
L'excitation.
L'inquiétude.

La confiance.
La claque.
L'espoir qui se transforme en peau de chagrin.
L'électrochoc.
La prise de décision.
L'attente, mêlée d'impatience, d'angoisse et d'envie d'arrêter le temps.
La préparation de ton arrivée.
Ton départ.
Ton arrivée et celle de ton frère.
L'adieu.
La réalité en pleine face.

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25 novembre 2013

Bec et ongles... petit à petit

Chez le pédiatre, cet après-midi, une maman m'a demandé l'âge et le prénom de Gaspard, avant de me demander si j'avais d'autres enfants, question à laquelle j'ai répondu "non"... pour m'effondrer de culpabilité quelques secondes plus tard.

Pardonne-moi, Élise, de ne pas toujours savoir comment parler de toi...

 

Une ancienne voisine a appelé ce soir pour prendre de nos nouvelles depuis notre déménagement il y a un peu plus d'un mois. Dans la conversation, elle glisse "bon il y a eu un petit problème à la naissance." "Non, un gros problème."

Puis, après lui avoir expliqué en deux phrases ce qui s'est passé, je l'entends me dire "oh vous savez, ça aurait été dur si elle avait été là." "C'est dur aussi maintenant."

Et d'ajouter "C'est sûr, il vous faudra du temps pour oublier." "On n'oubliera jamais."

Là-dessus, Gaspard, que j'avais dans les bras, a eu la bonne idée de faire entendre sa voix, ce qui m'a permis de couper court à cette pénible conversation.

 

En quelques heures, j'ai commencé à apprendre à parler de toi, coûte que coûte. Une défaite pour une victoire.

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