Une question me revient régulièrement en tête :

Si j’avais eu le choix, qu’aurais-je préféré : que l’embryon d’Élise ne tienne pas, quitte à ne jamais la connaître et à ce qu’elle ne devienne jamais mon petit supplément d’âme, ou la connaître, au prix des souffrances que son passage dans nos vies a engendrées ?

Je n’ai toujours pas la réponse à cette question.
Je sais que certains ne comprennent pas que je me torture avec ce genre d’interrogations stériles. Je sais que certains ne comprennent pas que je m’encombre le cœur et l’esprit avec ces « et si ».
Pourtant je n’entretiens pas spécialement ces questions ; elles font partie de moi maintenant.

Je crois pourtant que trouver la réponse à cette question m’aiderait à avancer dans le sens où elle participerait à mon acceptation de la réalité et à mon apaisement.
Bien sûr, si la réponse était « j’aurais préféré ne jamais la connaître », un autre travail débuterait : accepter que cette réponse ne signifie pas que je rejette Élise, accepter que cette réponse ne soit pas incompatible avec le fait que je l’aime inconditionnellement et que je suis heureuse de l’avoir connue malgré tout.
Mais si la réponse était « j’aurais choisi de la connaître », je me sentirais apaisée et rassurée – et peut-être, en un sens, sûre de moi et de la décision que nous avons prise.

Pour l’instant, je me sens juste encore torturée parce que des questions dont je suis la seule à détenir les réponses, quelque part, en moi, restent suspendues dans le vide de son absence.