30 janvier 2014

En haut de la montagne

Depuis les fêtes, le moral n'est pas très haut mais ces derniers temps, il l'était encore moins sans que je m'explique vraiment pourquoi. Et puis j'ai compris. J'ai compris que c'est parce que l'on s'approche de tous ces "il y a un an". J'ai souvent lu que la première année après la perte de son bébé est la plus difficile parce que c'est la première fois que l'on repasse par toutes "ses" dates... Je crois que c'est vrai. Je vous dirai ça dans un an.

En attendant, il ne faut pas m'en vouloir si je vous parle beaucoup de 2013. En 2014, ce sera la première fois depuis la grossesse et depuis le décès d'Élise que je repasserai par toutes les dates qui ont marqué 2013, que je revivrai le changement de saison, que je repenserai aux étapes de la grossesse.

 

Aujourd'hui, nous sommes le 30 janvier 2014.

 

Il y a un an, débutait pour de vrai ma première grossesse. Ironie de la vie : aujourd'hui, nous nous rendons à nouveau à l'hôpital pour participer à une rencontre "parents-bébés" organisée par la sage-femme qui nous a préparés à la naissance. Une façon de boucler la boucle, diront certains.

Nous aurions pu choisir de ne pas y aller, pour ne pas affronter ces couples, ces mamans à qui nous n'avions rien dit pendant la grossesse. Mais, depuis le début, nous nous efforçons de vivre comme si Élise était là aussi, de faire les choses qu'on aurait faites s'ils avaient été là tous les deux. Nous n'avons pas honte de notre fille alors pourquoi la cacher ? Et puis c'est aussi une façon de la faire exister et reconnaître, une motivation sans faille pour continuer à avancer.

Aujourd'hui, nous allons donc présenter Gaspard et Élise. Pour Gaspard, c'est son sac à langer que je prépare ; pour Élise, c'est son livre. Une seule différence mais quelle différence...

 

Il y a un an, nous étions au comble de l'impatience, de l'espoir, de l'excitation. C'était le jour du "replacement", comme on dit : le replacement du ou des embryons qui se seraient formés suite à la fécondation in vitro réalisée deux jours plus tôt.

Lors de la première FIV, en décembre 2011, un seul embryon s'était formé ; il avait pu être replacé mais n'avait pas tenu.

Lors de la deuxième FIV, en juin 2012, aucun embryon ne s'était suffisamment formé pour pouvoir être replacé. Mais ça, nous ne l'avions su qu'au dernier moment, alors que nous étions déjà en route vers l'hôpital pour le replacement.

Lors de cette troisième FIV, nous avons su le lendemain de la ponction que huit embryons s'étaient formés. Le matin du replacement, il y a un an, nous savions bien que rien n'était encore gagné mais nous étions confiants : sur les huit embryons qui avaient émergé la veille, il y en aurait bien au moins un qui aurait tenu jusqu'à l'heure fatidique du replacement. Et puis on nous a annoncé qu'il y avait deux embryons qui étaient vraiment bien formés, "au-dessus du lot". Je me souviens très bien des images qu'on nous a présentées : deux amas de quatre cellules, joliment dessinées, régulièrement formées. Je ne sais pas qui était qui mais c'étaient déjà eux.

Il y a un an, c'est l'espoir de devenir maman de jumeaux que l'on a replacé en moi avec ces deux embryons.

On a signé les papiers autorisant le replacement de deux embryons et on est repartis le coeur allégé par l'espoir et alourdi par la crainte d'un nouvel échec.

Voilà, chez nous, c'est comme ça qu'on fait les bébés : on n'a pas besoin de faire de câlins, il suffit d'obéir aux sages-femmes, d'être gentil avec les médecins, de signer des papiers et d'attendre. Et peut-être devrons-nous en repasser par là puisque les six autres embryons de cette troisième FIV n'ont finalement pas pu être congelés.

 

Ce replacement ne devrait être qu'un bon souvenir. C'en est un, mais il a un goût amer, celui que prennent les choses quand on sait que l'histoire ne se finit pas bien, quand on sait qu'il n'y a pas vraiment de happy end. Bien sûr, Gaspard est là, en pleine forme et en bonne santé, pour notre plus grande joie mais je ne peux pas dire que l'histoire se soit bien finie. Ce souvenir n'a pas la saveur des évènements dont on sait qu'ils resteront teintés d'une joie pure. Ce replacement, c'est un peu comme le sommet d'une montagne : aujourd'hui, quand je pense à ce 30 janvier 2013, je me vois tout en haut de la montagne mais je vois aussi la pente vertigineuse à laquelle je tourne encore le dos.

Précipice


29 janvier 2014

Une lubie de lingettes

Un billet un peu léger, pourtant à l'opposé de mon humeur du jour.

Celles (ceux ?) qui me suivent depuis le début un peu accidentel de ce blog le savent : j'essaie autant que possible d'adopter des gestes écolos. Pour les fesses de Gaspard, nous avons donc opté pour des lingettes lavables. La logistique n'est vraiment pas contraignante... sauf quand on a des manies absurdes du genre "ne pas mettre deux lingettes de la même couleur côte à côte sur le séchoir". Une lubie comme une autre, me direz-vous !

Lingettes lavables

Un jour prochain, je vous parlerai des couches lavables... si, si !

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28 janvier 2014

Il y a un an

Il y a un an, nous étions remplis d'espoir, d'appréhension et d'impatience.
Il y a un an, notre plus grande crainte était que cette troisième tentative échoue elle aussi.
Il y a un an, nous étions sur le point de voir la plus belle et la plus triste des aventures débuter.
Il y a un an, deux moitiés d'Élise et deux moitiés de Gaspard allaient bientôt se rencontrer.

Pendant la grossesse, je me disais que j'aurais préféré ne jamais tomber enceinte, ne jamais devenir mère plutôt que de vivre ce que nous vivions et ce que nous nous apprêtions à vivre.
Aujourd'hui, je ne sais pas.
Je ne sais pas si la joie de connaître Gaspard vaut le drame de ne pas connaître Élise. Je trouve que le prix du bonheur - si ce mot a encore un sens - est vraiment très élevé... trop élevé...

Bonheur

23 janvier 2014

Quatre mois

Samedi, ça a fait quatre mois que le cœur d'Élise s'est arrêté.

Dimanche, ça a fait quatre mois qu'Élise et Gaspard sont arrivés sur terre.

Aujourd'hui, ça fait quatre mois qu'Élise s'amuse avec ses copines les taupes.

4

Je n'en parlerai pas tous les mois. Je n'en parlerai pas le 18, le 19 et le 23 de chaque mois. Mais ça ne veut pas dire que je n'y pense pas.

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22 janvier 2014

41

Aujourd'hui, ça fait 41 ans que mes parents s'aiment.

Je n'ai qu'une seule chose à dire : WAOUH !

Ah non, en fait, j'en ai une deuxième : j'espère pouvoir dire la même chose de mon homme et moi... en 2046 !

41 ans

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La Voix du Nord

Ce billet est l'occasion d'inaugurer une nouvelle catégorie - On en parle - en espérant qu'elle se remplira de temps en temps...

 

La plupart d'entre vous le savent ou l'ont compris à la lecture du blog : je suis originaire du Pas-de-Calais. C'est donc tout naturellement vers La Voix du Nord que je me suis tournée lorsque j'ai décidé, en me référant à "l'affaire" des nourrissons décédés par contamination à l'hôpital de Chambéry, d'essayer de diffuser un peu plus largement l'adresse du blog, non pas pour ma "gloire" personnelle mais pour sensibiliser et éduquer un maximum de personnes au deuil périnatal et à l'interruption médicale de grossesse.

La Voix du Nord a accueilli mon mail avec bienveillance et en a publié des extraits dans le Courrier des lecteurs de son édition du jeudi 16 janvier 2014 :

Deuil périnatal - La Voix du Nord

 

Et puis La Voix du Nord est même allée plus loin en sélectionnant mon blog pour leur rubrique "Blogosphère" qui met en lumière un blog chaque semaine :

Blog - La Voix du Nord

21 janvier 2014

La parenthèse inattendue

Mercredi dernier, le 15 janvier, La parenthèse inattendue de Frédéric Lopez accueillait, entre autres, Grégoire, l'auteur et interprète de la chanson Ta main, qu'il a écrite en pensant à ses frères décédés et que j'écoute en pensant à Élise. J'étais sûre qu'il parlerait de ses frères à l'occasion de la séquence "Retour en enfance" dans le grenier, je ne voulais pas le louper...

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Elles ont dû interrompre leur grossesse

Article publié dans Santé Magazine
Date : février 2014

(cliquer sur les images pour les agrandir)

Elles ont dû interrompre leur grossesse - Santé Magazine - Février 2014_1

Elles ont dû interrompre leur grossesse - Santé Magazine - Février 2014_2

Elles ont dû interrompre leur grossesse - Santé Magazine - Février 2014_3

Elles ont dû interrompre leur grossesse - Santé Magazine - Février 2014_4

Des mots qui résonnent

Beaucoup de choses que je lis ou entends résonnent en moi différemment maintenant.

 

Comme dans cette interview de Mélissa Theuriau à propos de sa participation à "Rendez-vous en terre inconnue" chez les Massaï :
Mon rapport à la collectivité a changé. Voir qu'ils ne peuvent pas être heureux si tout le monde n'est pas heureux, c'est une leçon de vie fabuleuse.
C'est un peu (beaucoup) comme ça dans notre famille proche...

Rendez-vous en terre inconnue - Mélissa Theuriau - Massaï

 

Comme dans cette interview d'Églantine Émeyé à propos du documentaire "Mon fils, un si long combat" qu'elle consacre à son fils handicapé et autiste :
Je comprends cette peur car le handicap est une inconnue pour beaucoup. Alors je me suis dit : "Montrons-le."
C'est un peu (beaucoup) ce que je me dis par rapport à Élise et au deuil périnatal à travers mon blog.

Églantine Émeyé - Mon fils, un si long combat

 

Comme ce descriptif d'un épisode de la série documentaire "Baby boom" :
FIV, grossesse tardive ou handicap à surmonter : qu'importe les obstacles ou les coups du sort, il y a des pères et des mères qui ont tout surmonté pour tenir dans les bras leur bébé.
Sauf que certains obstacles ou coups du sort restent insurmontables et que certains bébés ne seront jamais bercés par leurs parents...

Baby boom

16 janvier 2014

Over the rainbow (Derrière l'arc-en-ciel) - Eddy Mitchell et Melody Gardot

Audio

Paroles d'une chanson aussi célèbre que reprise et dont la version (bilingue) Melody Gardot/Eddy Mitchell est celle qui me touche le plus...

Soudain, derrière l'arc-en-ciel
Tu es là
La pluie se mêle au soleil
Et j'ai le cœur qui bat

Ailleurs, derrière l'arc-en-ciel
Le ciel est bleu
Les rêves que l'on fait pour deux
Promettent des jours heureux

Un jour je suivrai ton étoile
Et j'atteindrai plus haut que moi
L'idéal
Dans ce pays plus haut que tout
Le soleil est au rendez-vous
Un eden fait pour nous